Afrique

Burkina Faso : le gouvernement lance une campagne pour briser les barrières qui freinent l’entrepreneuriat féminin

Baptisée «Pagb Yidgr-Sooré», la campagne vise la mobilisation, la formation et la sensibilisation en faveur de l’intégration de l’entrepreneuriat féminin dans le tissu économique du Burkina, en mettant à profit l’aide des chefs coutumiers et des leaders religieux pour changer les mentalités dans trois régions du pays.

Une campagne nationale de communication a été lancée du 10 au 29 octobre dans les régions du Nando, du Koulsé et du Yaadga au Burkina, avec l’ambition de mobiliser 3 000 femmes dans 10 communes de ces régions autour de la création d’un environnement propice à l’autonomisation économique des femmes et jeunes filles. L’initiative vise la sensibilisation de la gent féminine aux opportunités d’entreprise, tout en impliquant les chefs coutumiers et les responsables religieux.

La campagne, qui a été baptisée « Pagb Yidgr-Sooré » ou « Entreprendre au féminin », ambitionne de lever les barrières sociales et économiques qui s’érigent face aux initiatives entrepreneuriales féminines.

20,8 % d’entreprises créées par des femmes en 2024

Pour les autorités burkinabè, les femmes sont perçues comme un pilier essentiel de l’économie, tant dans les milieux urbains que ruraux. « Elles sont actives dans l’agriculture, l’élevage, l’artisanat et le commerce. Elles contribuent à la sécurité économique des ménages et renforcent la résilience de nos communautés », selon l’expression du coordinateur du Programme d'appui au développement sanitaire (PADS), Michel Ouaba. Celui-ci a cependant relevé que les femmes restent moins nombreuses à créer des entreprises formelles, citant dans ce contexte les chiffres du Centre de formalités des entreprises. « Sur les 22 829 entreprises créées au niveau national en 2024, 4 742 l’ont été par des femmes, soit environ seulement 20,8 % », a indiqué le coordinateur, mettant en cause « des difficultés d’accès au financement et au foncier, par certaines normes sociales, ainsi que par les conséquences de la crise sécuritaire, qui fragilisent les activités économiques ».

Face à cette situation, l'État voudrait engager les femmes dans le cadre des objectifs de la Révolution progressiste et populaire (RPP), qui encourage le développement endogène. Par l'encouragement des capacités d’entreprendre et par la valorisation des compétences, les autorités veulent inclure les femmes dans la construction de la résilience et la prospérité du pays.

Les chefs coutumiers et les leaders religieux appelés à apporter leur contribution

Pour faciliter l’inclusion féminine dans le tissu économique burkinabè, chefs coutumiers et leaders religieux sont appelés à apporter leur contribution dans les efforts pour lever les barrières sociales qui freinent l’épanouissement des initiatives économiques féminines, par la sensibilisation des communautés. Ce rôle s’inscrit dans le cadre du projet SWEDD+ (Autonomisation des femmes et dividende démographique en Afrique subsaharienne), une initiative à vocation régionale qui regroupe sept pays (Bénin, Togo, Sénégal, Tchad, Burkina Faso, Gambie et Mauritanie) et vise à concevoir et à mettre en œuvre des interventions transformatrices favorisant l’autonomie sociale et économique des filles et des femmes.

Pour la première journée de la campagne « Pagb Yidgr-Sooré », plus de 500 femmes et jeunes filles ont bénéficié de formations sur l’entrepreneuriat féminin et les sources potentielles de financement, a indiqué la presse locale, afin de renforcer leurs connaissances et leur apporter les outils nécessaires au développement d’initiatives économiques.