Après une période de tensions, le dialogue a repris entre l’Algérie et ses voisins sahéliens. Pour Tatiana Dovgalenko, les liens historiques entre ces pays ont compté dans ce rapprochement. Sur RT, la diplomate russe a rappelé leur lutte commune pour l’indépendance et les relations qu’ils ont nouées au fil des décennies.
« Pour être court, je peux dire que Moscou ne peut que s’en réjouir. Nous saluons très vivement cette amélioration des relations entre l’Algérie et les pays de l’[Alliance des États du Sahel] », a-t-elle déclaré.
Alger et ses voisins renouent le dialogue
Les premiers rapprochements ont eu lieu avec le Niger et le Burkina Faso, dès le début de 2026. Le Mali a renoué plus récemment le dialogue avec Alger. Parmi les signes de ce dégel, Dovgalenko a cité le retour des ambassadeurs et la réouverture des espaces aériens. À Bamako, Algériens et Maliens ont aussi repris les travaux de leur commission intergouvernementale, qui ne s’était plus réunie depuis près de dix ans.
La diplomate voit surtout dans cette évolution le résultat des décisions prises par les dirigeants africains. « Je dirais que le facteur clé, c’est la sagesse des dirigeants politiques des quatre pays », a-t-elle expliqué. Les échanges ne se limitent pas à la diplomatie. Dovgalenko a parlé du gazoduc transsaharien, prévu pour relier le Nigeria à l’Algérie en passant par le Niger, ainsi que d’une liaison en fibre optique. Elle a par ailleurs indiqué qu’Alger avait apporté son soutien à la Confédération des États du Sahel, qui regroupe le Mali, le Niger et le Burkina Faso.
« De son côté, la Russie soutient pleinement ce rétablissement de confiance. C’est très, très important pour la stabilité régionale », a-t-elle souligné.
La France mise en cause au Sahel
Abordant l’insécurité dans la région, Dovgalenko a vivement critiqué la place que Paris entend encore y occuper.
« Si on parle de la situation de sécurité, il ne faut pas oublier que l’Occident et surtout l’ancienne métropole regardent toujours cette région comme son fief », a-t-elle affirmé.
Elle a ensuite détaillé ses accusations : « Et Paris ne se gêne pas [dans le choix des] méthodes : les coups d’État, la désinformation, le terrorisme médiatique, le soutien accordé à des acteurs terroristes, sans parler des mercenaires ukrainiens. »
Dovgalenko a fait référence à la condamnation, dans un communiqué commun adopté avec les partenaires sahéliens le 8 juillet, de ce qu’ils présentent comme une collusion entre la France, l’Ukraine et des groupes terroristes. Elle a aussi évoqué l’appui russe à la lutte contre le terrorisme, notamment à travers le Corps africain.
S’agissant de l’ambition des quatre pays de renforcer la sécurité régionale, elle a conclu : « La Russie reste à côté comme partenaire fiable de tous les quatre pays pour aider à faire de ce rêve la réalité. »