Alors que les relations entre le Mali et l’Algérie connaissent un nouvel élan, le ministre malien des Affaires étrangères Abdoulaye Diop a souligné, dans une interview exclusive accordée à la correspondante de RT en français Daria Vaganova, l’importance historique et stratégique des liens entre les deux États voisins. « Je dois dire que l’Algérie et le Mali sont des pays voisins, unis par une géographie, mais aussi par l’histoire et beaucoup de facteurs », a déclaré le chef de la diplomatie malienne. Il a rappelé que, dès les premiers mois qui ont suivi l’accession à l’indépendance, la jeune République du Mali avait soutenu la lutte de libération de l’Algérie, et que la ville de Gao, au nord du Mali, abritait le quartier général du Front de libération nationale.
Tout en reconnaissant l’existence de divergences récentes, le ministre a insisté sur la volonté des présidents malien et algérien, Assimi Goïta et Abdelmadjid Tebboune, de « tourner cette page d’incompréhension » et d’ouvrir un nouveau chapitre dans leurs rapports bilatéraux. La nouvelle étape, selon lui, est « fondée sur le respect de la souveraineté de nos pays, sur le respect mutuel que nous devons en tant que pays, en tant que nation, sur aussi la non-ingérence dans les affaires intérieures de l’autre pays ».
D’après l’intéressé, les deux pays partagent aussi la détermination à œuvrer ensemble « pour la paix, la stabilité et la sécurité de notre région pour pouvoir contrer toutes les menaces, dont le terrorisme, qui s’oppose à cet espace-là ». Il s’est montré convaincu qu’ils sont capables d’agir « main dans la main, dans la sincérité, dans le respect mutuel », afin de faire face aux différents défis et de permettre au peuple malien et au peuple algérien de « vivre dans un espace sécurisé, mais aussi dans un espace où la prospérité sera partagée entre tous les enfants de cet espace ».
Bamako et Alger ont traversé une période de fortes tensions, leurs désaccords portant sur le règlement de la crise dans le nord du Mali et sur le processus de paix, dans lequel l’Algérie joue depuis longtemps un rôle de médiateur. Les relations se sont encore détériorées après la destruction d’un drone militaire malien près de Tinzaouatine dans la nuit du 31 mars au 1er avril 2025. Le Mali a accusé les forces armées algériennes d’avoir pénétré dans son espace aérien national et, dès septembre de la même année, a déposé une plainte devant la Cour internationale de justice, qualifiant l’incident d’« acte hostile » et d’« agression ».
Cependant, après 15 mois de crise, les deux parties ont renoué leurs relations diplomatiques en juillet dernier. Les deux États ont décidé de faire revenir leurs ambassadeurs à leur poste et de rouvrir leur espace aérien aux vols civils et militaires. Ce retour à la diplomatie a été marqué par des visites réciproques des Premiers ministres du Mali et de l’Algérie, Abdoulaye Maïga et Sifi Ghrieb, respectivement en août et en septembre derniers.