Dans un entretien exclusif accordé à RT en français, le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra a tenu à remercier la Russie et personnellement le président russe Vladimir Poutine pour leur soutien à Bangui durant les années de crise. Selon lui, alors que le pays traversait une période particulièrement difficile, marquée par la présence de groupes armés et un embargo des Nations unies sur les armes, Moscou a répondu à ses sollicitations en apportant une assistance dans le domaine de la défense.
« La Fédération de Russie et le président Poutine sont venus aider la République centrafricaine à travers les spécialistes russes qui étaient venus pour la formation de nos militaires, surtout sur la formation des armes que Fédération de Russie a bien voulu gracieusement mettre à la disposition de nos forces de défense qui n'en avaient pas du tout », a-t-il déclaré.
Le chef de l'État centrafricain a souligné que cette coopération sécuritaire avait constitué l'un des fondements du retour de la paix dans le pays. Il a également rappelé que le partenariat entre Moscou et Bangui ne se limitait plus à ce domaine et entrait désormais dans une nouvelle phase, appelée à s'étendre à différents secteurs. Le président centrafricain a par ailleurs exprimé sa reconnaissance pour l'aide alimentaire russe, notamment les dons de céréales qui, selon lui, ont contribué à faire baisser le prix de la farine en Centrafrique. « Cela a été très utile. Le peuple centrafricain est vraiment reconnaissant à la Fédération de Russie, à travers le président Poutine, pour cela », a-t-il affirmé.
Touadéra plaide pour la réforme de l'ONU afin de donner à l'Afrique la place qu'elle mérite
Interrogé sur la possibilité de présenter un candidat africain commun au poste de secrétaire général des Nations unies, le président centrafricain a indiqué que cette perspective correspondait aux aspirations du continent. Il a notamment insisté sur la nécessité de revoir la gouvernance de l'organisation internationale, estimant que la composition actuelle de ses instances dirigeantes ne reflétait plus les réalités géopolitiques contemporaines.
« Ce qui s'est passé en 1945, la situation a beaucoup évolué. Il faut tenir compte de cela. On ne peut pas rester dans le contexte de 1945 et gouverner l'Organisation des Nations unies comme si on était en 1945. Nous sommes en 2026, il faut tenir compte de ces réalités », a-t-il déclaré. Sur ce point, le dirigeant centrafricain a salué la position de Vladimir Poutine, qu'il considère comme un soutien aux revendications africaines en faveur d'une représentation plus importante au sein des instances internationales.
Il a également rappelé que l'Union africaine avait adopté des résolutions appelant à une réforme rapide du Conseil de sécurité de l'ONU, afin que le continent puisse y occuper une place correspondant à son poids dans les affaires mondiales. Concernant la désignation du prochain secrétaire général des Nations unies, le président a exprimé le souhait de voir l'Afrique présenter un candidat. Selon lui, cette éventuelle nomination constituerait une occasion à saisir pour le continent.
En 2026, l’ONU choisira son dixième secrétaire général, qui succédera à António Guterres à compter du 1er janvier 2027. Sept candidats sont en lice, présentés par Antigua-et-Barbuda, l’Argentine, le Burundi, le Guyana, le Costa Rica, les Tonga et l’Ouganda. Le Conseil de sécurité procédera d’abord à un vote sur ces candidats. Une fois une candidature retenue, il la proposera à l’Assemblée générale pour approbation.