Le Niger et les autorités de l’est libyen ont signé, le 1er novembre à Benghazi, un protocole d’accord de coopération stratégique, à l’occasion d’une visite du Premier ministre nigérien Ali Mahaman Lamine Zeine. Ce nouvel engagement s’inscrit dans la volonté des deux parties de développer leurs relations et leur coordination, alors que la Libye demeure divisée entre deux gouvernements rivaux.
Le Premier ministre était accompagné d’une délégation politique et militaire de haut niveau, comprenant notamment le chef d’état-major général des forces armées Mamane Sani Kiaou. Accueilli par Oussama Hammad, chef du gouvernement de l’est libyen, il s’est aussi entretenu avec Saddam Haftar, vice-commandant de l’Armée nationale libyenne et fils du maréchal Khalifa Haftar.
Les discussions ont porté sur les relations bilatérales et les défis sécuritaires communs dans l’espace sahélo-saharien. Saddam Haftar a en outre transmis les salutations de son père au président nigérien, le général Abdourahamane Tiani.
À l’issue de la rencontre, Lamine Zeine a confirmé la signature d’un « protocole d’accord de coopération stratégique entre la Libye et la République du Niger ». Saddam Haftar a, de son côté, appelé à traduire les engagements pris en programmes et mesures concrètes. Les modalités précises du protocole et son calendrier de mise en œuvre n’ont toutefois pas été rendus publics.
Une coopération sécuritaire fondée sur la souveraineté des États
La sécurité des frontières figure parmi les principales préoccupations communes. Le Niger et la Libye sont confrontés, dans leurs régions frontalières, aux activités de groupes armés, aux trafics et aux réseaux de criminalité organisée. Elles nécessitent, selon Saddam Haftar, une coordination accrue entre les pays de la région.
Le responsable militaire libyen a souligné que la stabilité de son pays était étroitement liée à celle de ses voisins africains. Il a défendu une coopération régionale reposant sur le respect de la souveraineté des États, l’indépendance de leurs décisions nationales et la priorité accordée aux intérêts communs, à l’écart des rivalités d’influence.
La visite survient après une période de tensions entre Niamey et Benghazi, notamment autour des activités de groupes rebelles dans les régions frontalières du Niger, de la Libye et du Tchad. Leur sécurisation représente donc un enjeu majeur dans les discussions entre les deux parties.
Des relations maintenues avec les deux autorités libyennes
Le rapprochement entre Niamey et Benghazi s’appuie sur des contacts déjà établis. En mai 2025, Saddam Haftar avait été reçu par le président Abdourahamane Tiani. Fin octobre 2026, les forces de l’est libyen avaient contribué à la libération d’une Suissesse et d’une Autrichienne retenues en otage par des jihadistes au Sahel.
Parallèlement, le Niger maintient le dialogue avec les autorités de Tripoli. En juin dernier, Lamine Zeine avait rencontré le Premier ministre Abdelhamid Dbeibah pour discuter de questions sécuritaires, économiques et régionales. Le pays reste partagé entre le gouvernement d’unité nationale de Tripoli et celui de l’est, dirigé par Oussama Hammad, désigné par la Chambre des représentants et appuyé par les forces du maréchal Khalifa Haftar.
Avec la signature de ce protocole, Niamey et Benghazi entendent approfondir leur coopération, en particulier dans la protection des frontières et la coordination face aux menaces transfrontalières.