Afrique

La Tunisie ambitionne de faire décoller son secteur aéronautique à l’horizon 2030

La filière aéronautique tunisienne espère créer 10 000 emplois, porter son intégration locale à plus de 50% et doubler la valeur de ses exportations d’ici à 2030, mais ses ambitions devront relever plusieurs défis pour développer un relais de la croissance économique du pays.

La filière aéronautique tunisienne se porterait plutôt bien, selon les déclarations de Hatem Soussi, directeur central à l’Agence de promotion de l’investissement extérieur (FIPA). Il a souligné sur les ondes de la Radio nationale, le 3 novembre, les atouts de la Tunisie, pays stratégiquement situé sur le plan géographique, disposant d’un tissu industriel interconnecté, d’un bon partenariat public-privé ainsi que d’un vivier de talents et d’ingénieurs qualifiés. Les chiffres communiqués par le ministère de l’Économie et de la Planification lors de la la cinquième édition des Aerospace Meetings Tunisia 2026, qui s'étaient tenus du 7 au 9 juillet dernier, font état de 85 entreprises étrangères opérant dans le secteur des composants aéronautiques, comptant un total de 20 000 employés directs. Le pays mise, selon Soussi, sur le développement de la filière en matière de création d’emplois, d’intégration et de renforcement des exportations, à l’horizon 2030, pour un secteur résolument tourné vers les marchés internationaux.

Créer 10 000 emplois et hisser l’intégration locale à plus de 50 %

La FIPA viseraient l’objectif de 10 000 emplois directs supplémentaires qui viendraient renforcer les effectifs existants d’ici à 2030. Elle voudrait aussi porter le taux d’intégration à plus de 50 %, et ce, en donnant plus de poids à la participation des entreprises tunisiennes aux différentes étapes de la chaîne de valeur du secteur aéronautique.

Un tel objectif suppose plus d’investissements dans les activités industrielles déjà en place, mais aussi dans les autres capacités locales de production de composants, de services spécialisés et de sous-traitance, entre autres domaines connexes. Il faut cependant préciser que les objectifs restent à confirmer institutionnellement et ne doivent donc pas être considérés comme des engagements officiels des autorités.

Doubler les exportations

Pour l'heure, il n'existe pas de chiffre clairement défini pour la valeur des exportations du secteur. Une communication de la FIPA datant du 6 octobre avance une valeur totale des exportations du secteur aéronautique tunisien à plus de 650 millions d’euros (plus de 728 millions de dollars), alors que les chiffres du site d’information local des Journalistes tunisiens à Sfax indiquent un montant de 1,74 milliard de dinars (soit plus de 580 millions de dollars) en 2025. Le second chiffre ne se base cependant pas sur des sources statistiques officielles et ne tient pas compte des mêmes paramètres que ceux de la FIPA, mais il permet tout de même d’offrir une fourchette, certes large mais intéressante, pour estimer le potentiel de la croissance de la filière.

Le secteur affiche une croissance annuelle de 20,4 % en moyenne sur les quatre dernières années, avec une progression estimée à 12 % en 2026. Du côté des flux d’investissements étrangers, ils auraient augmenté de 30 % sur un an. Si les données ne suffisent pas à elles seules à déterminer les capacités de production qui seront réellement mises en place, ni leur rendement, elles sont néanmoins perçues comme des signaux favorables qui laissent espérer un doublement de la valeur des exportations à l’horizon 2030.

Bien qu’il soit présenté comme un relais important de croissance économique nationale en Tunisie, le secteur aéronautique devra relever une multitude de défis pour concrétiser ses visées d’intégration industrielle locale, de création d’emplois et de haute valeur ajoutée.