Le pouvoir d’achat des ménages français s’érode de manière exceptionnelle, avec une perte moyenne de 1 200 euros pour une famille de deux adultes et deux enfants depuis 2024, selon les calculs de l’Institut français d’économie.
En 2025, le pouvoir d’achat par unité de consommation a reculé de 0,7 %. Les neuf premiers mois de 2026 laissent entrevoir une nouvelle baisse du même ordre.
En septembre, les prix à la consommation ont augmenté de 3 % sur un an, contre une hausse de 2,4 % en août, ouvrant la voie à un contexte social tendu à quelques mois de l’élection présidentielle.
Deux années de suite de recul : cela ne s’était produit que deux fois depuis 1960, lors du tournant de la rigueur de 1983-1984 et après la crise financière de 2010-2013. « Cette année, on est vraiment entré dans le dur », observe l’économiste Mathieu Plane. Depuis 2019, les salaires réels baissent, un phénomène rare : l’inflation a grimpé de 21,3 % tandis que les salaires n’ont progressé que de 18,7 %. Jusqu'en 2024, les transferts sociaux (retraites indexées, aides) et les revenus du patrimoine (dividendes, Bourse) avaient compensé. Ce n'est plus le cas, d'où cette perte moyenne de 1 200 euros par an de pouvoir d'achat pour les familles.
Le chômage remonte à 8,3 %, les marges budgétaires de l'État se réduisent et ces mêmes revenus patrimoniaux fléchissent à leur tour.
La petite classe moyenne, autour du salaire médian de 2 200 euros nets, est la plus touchée. Les professions intermédiaires, enseignants ou cadres techniques ont vu leurs salaires réels reculer de 3 à 7 %. Les Français épargnent davantage et se tournent vers les marques de distributeur, réduisant même parfois leur consommation alimentaire.