Les nouvelles preuves publiées par Mediapart relancent la polémique autour de Jordan Bardella. Le média affirme avoir authentifié, via Meta et un huissier, des messages « antisémites » datant de 2013 attribués au président du Rassemblement national. Ce dernier dénonce des « montages grossiers » et a déposé plainte pour faux et usage de faux, en plus de celle pour diffamation.
« Il ment éhontément » : les tirs croisés des adversaires
Ce 2 octobre matin, les attaques se sont multipliées. Sur RTL, le ministre de la Justice Gérald Darmanin a tranché : « Il ment éhontément ». Estimant « assez évident » qu’un jeune militant du FN admirateur d’Alain Soral ait pu tenir de tels propos, le garde des Sceaux juge que cette « stratégie qui consiste à mentir aux Français pose un doute énorme sur sa capacité à être en responsabilités politiques ».
Même tonalité chez Olivier Faure. Le premier secrétaire du PS a affirmé sur RTL que Jordan Bardella « ment » et qu’il ne peut plus prétendre à Matignon en cas de victoire du RN. « On a là un double sujet, son antisémitisme et le mensonge en politique. Les deux ne pardonnent pas », a-t-il déclaré, regrettant que le président du RN n’ait pas choisi une ligne de défense reconnaissant une erreur de jeunesse.
La veille, Édouard Philippe avait déjà estimé qu’« il est quasiment établi » que Jordan Bardella a tenu des propos « scandaleusement antisémites ».
Lors du débat de la primaire de gauche, plusieurs candidats ont jugé le dirigeant du RN « totalement disqualifié ».
De son côté, le RN fait bloc. Jordan Bardella a réagi dès la publication des nouvelles pièces en qualifiant les éléments de Mediapart de « pseudo-preuves » qui « ne tiendront pas une seconde devant un tribunal ». Marine Le Pen et les cadres du parti continuent de le soutenir, dénonçant une manœuvre politique à quelques mois de l’échéance présidentielle.