Gabriel Attal, candidat Renaissance en difficulté, a appelé le 3 octobre à un large rassemblement pour battre Marine Le Pen. De la gauche à la droite, sa main tendue a été immédiatement rejetée.
Un appel au rassemblement moqué et rejeté
Dans un entretien au Parisien, Gabriel Attal a dressé le constat que « personne », dans l'espace entre LFI et le RN, « n'est favori ou en situation de battre Marine Le Pen » au second tour. « La seule chose qui peut nous permettre de l’emporter, c’est une grande coalition rassemblant des électeurs de la gauche sociale-démocrate à la droite républicaine », a-t-il affirmé, citant explicitement « des électeurs tentés par Raphaël Glucksmann » jusqu’à ceux de la droite républicaine, reprenant à son compte la primaire du « grand fleuve central » appelée de ses vœux par François Bayrou.
Il a réclamé « un candidat qui incarne cette grande coalition ».
La réponse n’a pas tardé. Côté gauche, le patron des députés PS Boris Vallaud a ironisé sur X : « Et l’héritier du macronisme tenta d’inventer… le macronisme ! ».
Il a appelé Attal à laisser Glucksmann « en dehors de ses coups de communication ».
Le sénateur écologiste Yannick Jadot, qui a aussi rejoint l'équipe du candidat Glucksmann, a tranché : « même pas en rêve ».
Le député Place publique Sacha Houlié a souligné que « les projets politiques que nous présenterons aux Français sont à l’opposé l’un de l’autre ».
À droite, le président de LR Bruno Retailleau a fermé la porte en fustigeant « le macronisme saison 3 […] Ce sera sans nous », a-t-il assuré.
Dominique de Villepin a lui aussi opposé une fin de non-recevoir. Lancé depuis quatre mois dans une campagne hyperactive mais sans résultat, Attal cherche à créer une dynamique face à Édouard Philippe, qui le devance dans les enquêtes d’opinion. « Personne ne plie le match », a-t-il insisté. Pour l'heure, sa proposition de « vrai et large rassemblement » n'a séduit aucun camp.