France

Crise des carburants : Lecornu promet une «réponse spécifique» pour les stations-services des communes rurales

Alors que Moscou et Washington se sont entendus pour tenter de faire baisser les prix du gazole à l’échelle mondiale, le gouvernement français – qui refuse d’abaisser ses taxes sur les carburants – a annoncé une «dotation nouvelle» de 50 millions d'euros pour les communes rurales ainsi qu’une «réponse spécifique» à leurs stations-service isolées.

Dans une vidéo diffusée ce 10 octobre à Auch, dans le Gers, où se tient le congrès le congrès de l'Association des maires ruraux de France (AMRF), le Premier ministre français a annoncé que 9 000 communes rurales allaient bénéficier d'une « dotation nouvelle » tirée d’une enveloppe globale de 50 millions d'euros

Une « dotation nouvelle, originale » qui devrait être créée par le gouvernement au profit des communes rurales et qui « représentera 50 millions d'euros pour près de 9000 communes, dont 381 dans le département du Gers », a-t-il détaillé. Selon la presse française, cette dotation viendrait s'ajouter à une hausse « prévue » – et donc pour l’heure non votée –, dans le projet de budget pour 2027, de 150 millions d'euros de la dotation globale de fonctionnement (DGF) pour les collectivités locales.

« Moins d'habitants, cela ne fait pas moins de kilomètres ou d'espaces naturels à entretenir. Les routes, les chemins, les hameaux restent là, mais les habitants sont moins nombreux pour en partager le coût », a justifié Lecornu, dont le gouvernement refuse toute allègement des taxes sur les carburants.

Il a par ailleurs promis qu’une « réponse spécifique » serait apportée aux stations-service de ces territoires afin qu'elles puissent baisser les prix du gazole. Dans le détail, 339 stations considérées comme étant isolées pourraient être contactées par les préfectures afin de se voir proposer « une solution ad hoc » et « tenir compte de leurs contraintes ».

Gazole : la France va prélever dix millions de barils dans ses stocks stratégiques

Le 7 octobre, Lecornu avait annoncé que « 10 millions de barils de gazole, issus de nos stocks » allaient être libérés et « mis à disposition des distributeurs », une « opération prévue pour durer trois mois » et qui selon lui pourrait réduire de « 12 à 18 centimes » les prix à la pompe tirés à des niveaux records par le conflit faisant rage en Iran ainsi que celui lié à l’Ukraine où Kiev a multiplié les attaques contre les raffineries russes.

Reconnaissant le lien entre l’envolée des prix du diesel et ces attaques ukrainiennes en Russie, Emmanuel Macron avait, lors d’une conférence de presse puis d’une interview télévisée courant septembre, imputé la responsabilité de ces attaques à la Russie.

Cette annonce gouvernementale française, aux allures d’obole à l’heure où les stations-services indépendantes à travers le pays peinent à faire face à la baisse de la consommation de carburants des ménages, survient au lendemain de l'annonce par le président américain Donald Trump d'un accord avec son homologue russe Vladimir Poutine afin que la Russie libère sur les marchés nord-américain et mondial plusieurs millions de tonnes de gazole dans une tentative d’infléchir enfin les prix.