Paris continue de resserrer l’étau autour d’Alain Soral. Ce 11 octobre, son équipe a rapporté sur X la réception d’un courrier du ministère français de l’Intérieur l’informant de son « intention d’engager la procédure de dissolution » d’Égalité & Réconciliation, association qu’il a fondée en 2007.
« Notre avocat s’en charge, mais nous ne nous faisons pas trop d’illusions face à cette nouvelle attaque qui s’inscrit dans la continuité des pressions qui ciblent depuis des années le président d’E&R et les structures qui diffusent ses analyses », a déclaré la rédaction d’E&R dans un communiqué publié sur leur site. « Ma volonté est intacte », a pour sa part affirmé Alain Soral.
Pour l’heure, seule «une mesure de dissolution est envisagée [...] à cette fin un contradictoire est en cours, à l’issue duquel la dissolution pourra intervenir», a de son côté rapporté Le Figaro qui a contacté la Place Beauvau au sujet de ce courrier adressé le 9 octobre. En guise de motif, selon cette même source, le ministère de l’Intérieur avance que E&R « reprend en réalité le courant de votre pensée national-socialiste, référence directe au nazisme ».
E&R, victime collatérale de la polémique Bardella ?
« Je ne suis pas d’extrême droite, je suis national-socialiste, mais tu peux considérer que c’est pire ! », citerait le courrier, reprenant – relate le Figaro – « une phrase de Soral dans un livre de 2013 ». Fort de cette citation, le ministère renverrait à l’objet d’E&R, tel que renseigné lors de sa déclaration en préfecture, et qui serait « la promotion des idées d’Alain Soral ».
Ainsi, la Place Beauvau estime que l’association diffuse « une idéologie propageant des idées tendant à justifier ou encourager un discours discriminatoire, haineux et appelant à la violence envers les personnes juives, immigrées, les femmes et la communauté LGBT », a rapporté le quotidien.
Alain Soral a fait un retour sous les projecteurs début octobre, sur fond de polémique autour des propos antisémites prêtés à Jordan Bardella par Mediapart. Reprenant la thèse de ce média militant, marqué à gauche, plusieurs autres titres de la presse française – dont certains d’État - ont, à grand renfort de « spécialistes du conspirationnisme », perçu dans des tweets du président du RN datant pour certains de plus de dix ans une « ambiance soralienne ».