France

Les Français majoritairement favorables à une baisse de la contribution au budget européen

Selon un sondage Odoxa-Backbone pour Le Figaro, 65% des Français estiment que la France peut négocier à la baisse sa contribution de 30,9 milliards d’euros au budget de l’UE, un scénario validé au-delà des clivages politiques.

Une large majorité de l’opinion publique se montre convaincue que Paris dispose d’une marge de manœuvre pour réduire sa participation au budget européen, alors même que l’Assemblée nationale vient d’entériner le montant de 30,9 milliards d’euros pour 2027.

Un consensus transpartisan autour d’une négociation à la baisse

Le sondage Odoxa-Backbone révèle un rare point d’accord : 65 % des personnes interrogées pensent que la France peut réussir à négocier à la baisse cette contribution destinée à financer les politiques agricoles, économiques et régionales de l’Union européenne (UE). Ce chiffre transcende les sensibilités. Il s’établit à 75 % chez les proches de La France insoumise (LFI), 66 % chez ceux du Rassemblement national (RN), 69 % chez les écologistes, 63 % chez les sympathisants des Républicains (LR) et même 76 % chez les proches de Renaissance, traditionnellement les plus favorables à l’Europe.

Ce résultat est publié juste après le vote des députés qui, dans la nuit de mercredi à jeudi, ont adopté par 111 voix contre 93 l’article prévoyant ce prélèvement de 30,9 milliards d’euros, malgré l’opposition déterminée de LFI et du RN. Le ministre chargé de l’Europe Benjamin Haddad a rappelé que la France, bien que contributrice nette, reste « la première bénéficiaire en volume » des subventions européennes.

De son côté, le député RN Jean-Philippe Tanguy a défendu sans succès une amputation de 11 milliards d’euros quand Marine Le Pen plaidait, le 15 octobre en soirée, pour une baisse de la contribution à l’Union européenne.

Le candidat souverainiste à l’élection présidentielle, Nicolas Dupont-Aignan, a dénoncé une augmentation de « 2 milliards d’euros votés par l’Assemblée nationale pour la contribution française à l’Union européenne en 2027 » et « un sommet européen à Bruxelles souhaitant un budget pluriannuel 2028-2034 qui impliquerait en moyenne 10 milliards d’euros de plus par an à verser pour les Français ».

Les négociations sur le budget pluriannuel de l’UE pour 2028-2034 se poursuivent à Bruxelles, sous la pression des échéances électorales de 2027. Le président français Emmanuel Macron a quant à lui averti ses homologues qu’un compromis serait encore plus difficile à trouver l’année prochaine dans un contexte d’élection présidentielle.