Après les scènes de chaos et de pillages en marge des manifestations contre la vie chère, le président Emmanuel Macron a pris la parole le 18 octobre. Son discours, centré sur la « colère » et la « honte », l’appel au calme et la promesse de « transparence », suscite un tollé unanime au sein des oppositions.
« Il est irresponsable de prendre la parole pour ne rien dire »
À gauche, les critiques fusent. Manuel Bompard, coordinateur de La France insoumise, a déclaré sur LCI : « La désescalade est possible si des réponses politiques sont apportées, mais Emmanuel Macron a choisi ce soir de s’enfoncer dans le pourrissement. » Il a estimé qu’« il est irresponsable de prendre la parole pour ne rien dire ».
Marine Tondelier (Les Écologistes) a dénoncé sur X : « Au lieu d’entamer un début de commencement de mea culpa, Emmanuel Macron nous convoque à Matignon comme des enfants au tableau ». La secrétaire générale de la Confédération générale du travail Sophie Binet a affirmé que le président « n’a rien compris à ce qui se passe dans le pays » et n’a fait « aucune annonce concrète ».
À droite, Bruno Retailleau (Les Républicains) a écrit sur X : « L’intervention d’Emmanuel Macron est très inquiétante. Le Président de la République apparaît totalement dépassé, incapable d’opposer la force de l’État à la chienlit qui menace la République ».
Il a réclamé l’état d’urgence. Édouard Philippe (Horizons), ancien Premier ministre d’Emmanuel Macron, a regretté l’absence de « décisions et d’initiatives permettant le retour à l’ordre et le rétablissement de l’autorité de l’État ».
Du côté du Rassemblement national, son président Jordan Bardella a fustigé une « lamentable allocution » d’un « pouvoir lâche et désorienté [qui] n’a plus rien à dire aux Français ».
Le président de l’Union des droites pour la République Éric Ciotti a jugé que « le président n’a pas été à la hauteur et il a parlé pour ne rien dire », tandis que la députée Marine Le Pen a évoqué un « pouvoir macroniste à bout de souffle, épuisé, désorienté ».
Même au sein du bloc central, des voix s’élèvent pour réclamer davantage de fermeté et des sanctions exemplaires et rapides contre les casseurs.