Face aux scènes de violences et de pillage des 17 et 18 octobre, le préfet de police de Paris Patrice Faure a adressé un courrier aux acteurs économiques. Il y reconnaît qu’un dispositif de maintien de l’ordre renforcé « ne peut toutefois garantir à lui seul la protection de chaque établissement » et invite les commerçants situés sur le parcours des cortèges à prendre leurs précautions.
Un conseil qui passe pour un renoncement de l’État
Dans ce document, Faure préconise de faire appel à « des agents de sécurité privée », éventuellement accompagnés d’équipes cynophiles, de vérifier alarmes et vidéoprotection, de baisser les rideaux métalliques, de protéger les vitrines, de rentrer les terrasses et de mettre à l’abri tout objet pouvant servir de projectile.
Il encourage aussi à adapter les horaires, voire à ne pas ouvrir pendant la manifestation et la soirée suivante. En cas de troubles, il demande de rester à l’intérieur et d’appeler le 17. Sur le terrain, le message a d’abord été pris pour une fausse information, alors que l’État a annoncé un dispositif renforcé pour le 24 octobre.
Thierry Véron, président de la Fédération des associations de commerçants et artisans parisiens, a dénoncé les propos du préfet sur Sud Radio : « On ne peut pas dire aux commerçants de s’armer. Il faut faire passer les bons messages ! »
Sur X, Jean-Luc Mélenchon dénonce : « La macronie détruit l’État républicain. Samedi, l’armée garde les bâtiments à la place des policiers et le préfet de police demande aux commerçants de faire appel à des gardes privés... »
Nicolas Dupont-Aignan parle d’« incroyable renoncement » et David Lisnard d’un effort « inacceptable » pour des commerçants déjà sinistrés. L’eurodéputée Marion Maréchal interroge de son côté : « À quoi donc servent nos impôts, monsieur le préfet ? »
Devant la polémique, le préfet a reconnu une formulation « peut-être maladroite » tout en affirmant que « la protection des commerçants et de leurs établissements relève de la responsabilité de l’État ».
Les conseils donnés ne se substituent pas à l’action publique, a-t-il précisé.
Ce débat ressurgit alors qu’une vaste opération nationale d’abandon simplifié d’armes, menée en 2022 par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, avait permis de retirer plus de 150 000 armes, dont 140 000 armes à feu, des mains des particuliers.