Le dernier soldat américain doit quitter l’Irak ce mercredi 30 septembre, conformément à l’accord conclu en 2024 entre Washington et Bagdad. Ce départ clôt une présence militaire commencée avec l’invasion de mars 2003, interrompue en 2011 puis rétablie en 2014 pour combattre l’organisation État islamique.
L’intervention de 2003 reste associée à un lourd échec stratégique américain. L’administration de George W. Bush avait notamment justifié la guerre par l’existence supposée d’armes de destruction massive irakiennes. Elles ne furent jamais retrouvées. Une enquête du Sénat américain conclura ensuite que plusieurs évaluations centrales du renseignement avaient été exagérées ou n'étaient pas étayées par les informations disponibles.
Toujours un contrôle financier
La chute de Saddam Hussein fut rapide, mais Washington échoua à stabiliser durablement le pays. La dissolution de l’armée irakienne et la débaassification contribuèrent à désorganiser l’État, tandis que l’occupation fut marquée par l’insurrection, les violences confessionnelles et le scandale des sévices commis à la prison Abou Ghraib. Le coût humain reste considérable : l’université Brown estimait déjà à au moins 134 000 le nombre de civils tués directement par les violences de guerre durant la première décennie, tout en soulignant que le bilan réel était supérieur.
Les États-Unis retirèrent leurs troupes en 2011 avant de revenir trois ans plus tard face à Daesh, qui s’était emparé de Mossoul et de vastes territoires. Cette seconde intervention contribua, aux côtés des forces irakiennes et de la coalition internationale, à la défaite territoriale du groupe.
Le retrait de 2026 ne referme pourtant pas les fractures de ces deux décennies. Daesh conserve des cellules clandestines. Washington quitte militairement l’Irak mais conserve une influence économique importante, notamment via le système financier américain par lequel transitent les revenus pétroliers irakiens. Vingt-trois ans après l’invasion, la page militaire se tourne donc sans effacer les conséquences politiques, sécuritaires et humaines de l’intervention américaine.