Emmanuel Macron a réagi ce 30 septembre à l’éventualité d’un retour du Royaume-Uni dans l’Union européenne. Le président français s’exprimait à Madrid, lors d’une conférence de presse aux côtés du Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, dans le cadre de sa visite en Espagne.
Interrogé sur les déclarations du Premier ministre britannique Andy Burnham concernant un réexamen des relations entre Londres et Bruxelles, Macron a lancé en anglais : « Welcome back! ». « Si les Britanniques veulent revenir et si le Premier ministre va dans ce sens, je pense que c’est une très bonne nouvelle à la fois pour son pays et pour les Européens », a-t-il déclaré, avant d’ajouter : « Revenez. »
Ces propos interviennent alors que le gouvernement britannique remet sur la table plusieurs options concernant ses relations avec l’Union européenne. Burnham estime que les accords issus du Brexit ont causé « plus de mal que de bien » et veut revoir le cadre actuel pour les dix prochaines années. Son gouvernement entend examiner « ce qui est faisable » et comparer les avantages et les inconvénients des différentes possibilités.
Macron a, de son côté, défendu la position selon laquelle Londres ne pourrait pas approfondir ses relations avec l’UE tout en restant durablement en dehors de ses structures. Selon lui, le Royaume-Uni ne peut choisir uniquement les libertés européennes qui l’intéressent tout en écartant les obligations correspondantes.
Pedro Sánchez a exprimé une position proche. Le Premier ministre espagnol a déclaré que son pays accueillerait un éventuel retour du Royaume-Uni « à bras ouverts », confirmant le soutien de certains dirigeants européens à cette perspective.
Londres reconsidère plusieurs options écartées après le Brexit
Burnham a reconnu qu’il était possible d’« aller jusqu’au bout », en référence à un retour dans l’Union. Il affirme vouloir éviter de laisser la question « en suspens » et déterminer plus clairement la direction que prendra le Royaume-Uni au cours de la prochaine décennie.
Cette démarche s’écarte toutefois de la ligne défendue par le Parti travailliste lors des élections de 2024. Son programme excluait alors un retour dans le marché unique comme dans l’union douanière. Les options aujourd’hui examinées comprennent donc des scénarios que le parti avait auparavant écartés.
Aucun calendrier précis ni mécanisme de réadhésion n’a pour l’instant été présenté. Le gouvernement britannique prévoit surtout de soumettre plusieurs options à l’approche du prochain sommet entre le Royaume-Uni et l’Union européenne, prévu en novembre.
Une réadhésion encore hypothétique
Malgré les déclarations favorables venues de Paris et de Madrid, l’hypothèse d’un retour du Royaume-Uni dans l’UE reste à ce stade une simple proposition politique.
La réadhésion complète figure parmi les scénarios publiquement évoqués, mais elle n’est qu’une option parmi d’autres. Elle supposerait également de nouvelles négociations avec Bruxelles.
Les déclarations de Macron et de Sánchez reflètent donc avant tout la position de certains responsables européens favorables à un rapprochement. Pour l’heure, le gouvernement britannique a seulement rouvert un débat qu’il entend trancher dans les années à venir.