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Gaza : les familles redoutent le retour de la famine après les coupes dans l’aide de l’ONU

Le PAM réduit d’un tiers son aide à Gaza, privant 500 000 personnes d’un soutien alimentaire régulier. Les rations et les repas chauds diminuent, alors que 1,4 million de Gazaouis restent en situation d’insécurité alimentaire aiguë. L’ONU prévient que les progrès réalisés contre la famine pourraient être rapidement annulés faute de financements.

À Gaza, la crainte d’une nouvelle famine ressurgit alors que le Programme alimentaire mondial (PAM) est contraint de réduire brutalement son aide faute de financements. Depuis octobre, l’agence ne soutient plus que 1,1 million de personnes par mois, contre 1,6 million auparavant. Un demi-million de Gazaouis perdent ainsi l’accès à une aide régulière, alors que 1,4 million d’habitants, soit 67 % de la population, restent en situation d’insécurité alimentaire aiguë.

Ces coupes affectent directement les distributions alimentaires. Les rations ont été réduites de moitié, le nombre de repas chauds distribués est passé de 250 000 à 150 000 par jour et l’aide financière destinée à 75 000 familles a été diminuée. Dans certaines zones difficiles d’accès, notamment à proximité de la ligne de contrôle israélienne, un repas chaud n’est désormais distribué qu’un jour sur deux.

Plus de 80 % de la population en chômage

Le PAM insiste sur un point : ces restrictions ne sont pas dues à une baisse des besoins ni à l’impossibilité d’acheminer la nourriture, mais au manque d’argent. L’agence a reçu en 2026 moins de la moitié des financements des années précédentes et réclame 450 millions de dollars pour maintenir ses opérations à Gaza et en Cisjordanie occupée jusqu’en mars 2027.

La situation reste extrêmement fragile. Plus de 80 % des Gazaouis sont sans emploi, seuls 20 % des enfants bénéficient d’une alimentation suffisamment diversifiée et environ 200 000 personnes vivent toujours dans des conditions d’urgence alimentaire.

Le PAM avertit que les progrès obtenus depuis le cessez-le-feu d’octobre 2025 pourraient être rapidement effacés. Son directeur par intérim Carl Skau souligne que les gains réalisés contre la famine restent fragiles. À l’approche de l’hiver, des familles déjà épuisées par trois années de guerre craignent donc de replonger dans les pénuries extrêmes de farine, d’huile et de pain.