Le chef du Pentagone Pete Hegseth a limogé le lieutenant-général Brett Sylvia, jusque-là chargé de la stratégie et de la planification militaire à l’état-major interarmées américain. Derrière ce départ, Axios révèle une affaire de fuites. D’après un rapport interne consulté par le média, Sylvia aurait reconnu avoir communiqué à deux journalistes des informations classifiées concernant l’Ukraine et l’Iran.
Des informations sur l’aide militaire à Kiev
Les contacts auraient commencé dès juin 2025 et se seraient poursuivis pendant environ un an. Axios décrit notamment un rendez-vous dans un restaurant d’Arlington, près de Washington. Sylvia y aurait utilisé des notes prises à partir d’un document classifié pour transmettre des éléments sur l’assistance militaire américaine à l’Ukraine. Le journaliste concerné préparait un livre et aurait rencontré le général à deux reprises, sans que les échanges aient été signalés aux services de communication du Pentagone.
Un autre volet concerne un message reçu sur la messagerie chiffrée Signal, que Sylvia pensait lié à l’Iran. Il aurait supprimé toute la conversation. Il a expliqué aux enquêteurs l’avoir effacée par inadvertance, une version que certains responsables américains mettent en doute. Le général a remis son téléphone personnel pour expertise, précise le rapport.
Le Pentagone saisit la justice
Un responsable américain affirme à Axios que Sylvia a reconnu les divulgations devant une caméra après quatre échecs au détecteur de mensonges. Associated Press et CBS, citant d’autres sources, parlent pour leur part de trois tests. Surtout, le Washington Post rapporte qu’un collègue assure que le général nie avoir divulgué des informations classifiées. Le dossier n’a pas encore été tranché par la justice.
Le 29 octobre, le porte-parole du Pentagone Sean Parnell a confirmé une enquête menée par les services d’investigation de l’armée de l’air et la transmission du dossier au ministère de la Justice, sans citer Sylvia nommément. Il a averti : « Les informations classifiées ne sont pas des biens personnels. Leur divulgation dans un but personnel, politique ou professionnel constitue une trahison de la confiance accordée à ceux qui sont responsables de les conserver. »
L’état-major a d’abord salué les 32 années de service du général, avant de retirer son communiqué. Donald Trump a promis des ennuis à Sylvia, qu’il a au passage désigné au féminin, tout en assurant que son administration traquait les auteurs de fuites.