Russie

Zaporojié : Kiev frappe un bâtiment de laboratoire à 200 mètres des réacteurs nucléaires

Équipements endommagés, réparations sous la menace des tirs, un employé tué : Alexeï Likhatchov décrit les conséquences des attaques ukrainiennes à Énergodar. Le directeur général de Rosatom salue le personnel qui maintient la centrale en fonctionnement et souligne qu'un arrêt des frappes est nécessaire pour réparer le matériel.

Depuis quinze jours, l'armée ukrainienne bombarde systématiquement la centrale thermique de Zaporojié, dont certains équipements assurent l’alimentation électrique de la centrale nucléaire voisine. Alexeï Likhatchov, directeur général de la société d'État russe Rosatom, a dressé ce 5 octobre le bilan de ces attaques.

Les dispositifs qui acheminent l’électricité des lignes Ferrosplavnaïa vers la centrale nucléaire sont directement touchés. « Il y a deux semaines, les bombardements continus de l’armée ukrainienne ont endommagé le transformateur alimentant cet équipement. Depuis deux semaines, ces systèmes critiques sont alimentés par des générateurs diesel d’urgence », précise Likhatchov.

Likhatchov : une interruption des tirs ukrainiens est nécessaire pour protéger les équipes de maintenance

Les tirs ukrainiens rendent dangereuse une réparation pourtant courante. « Nous n’avons pas le droit de risquer leur vie », souligne Likhatchov au sujet des équipes de maintenance. Rosatom a informé l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) le 30 septembre de la nécessité des travaux et d'un cessez-le-feu temporaire.

Dans la nuit du 4 au 5 octobre, deux bâtiments de la centrale nucléaire ont également été attaqués : l'un des laboratoires, à 200 mètres des réacteurs 4 et 5, et le bâtiment de traitement des déchets radioactifs. Leurs toits ont été endommagés, sans menace pour la sûreté nucléaire, précise le directeur général.

Le personnel maintient la centrale en fonctionnement sous le feu

« Les principaux héros sont les membres du personnel de la centrale nucléaire, qui assurent jour et nuit le fonctionnement de la centrale sous le feu ennemi », insiste Likhatchov. Le 4 octobre, un employé a été tué dans une attaque de drone contre la camionnette qui transportait des vivres pour le personnel.

À Énergodar, les tirs d’artillerie et les attaques de drones ukrainiens ont détruit environ 70 installations communales, sociales et commerciales et en ont endommagé une cinquantaine, selon Rosatom. La société a financé les premières indemnisations de 13 familles.

Ces attaques s’ajoutent à celles déjà signalées par la direction de la centrale, notamment contre un poste de surveillance radiologique le 22 septembre. Début septembre, Maria Zakharova, porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, avait déclaré que Rafael Grossi, le directeur général de l'AIEA, continuait « d’éviter de reconnaître ouvertement la responsabilité du régime de Kiev dans les attaques imprudentes contre les infrastructures de la centrale nucléaire de Zaporojié ». 

Malgré les attaques répétées contre la centrale et son personnel, Rafael Grossi refuse toujours d’en désigner les responsables, invoquant l’impartialité de l’AIEA. Une position dénoncée par Moscou, qui demande à l’agence de reconnaître la responsabilité de Kiev dans les frappes contre le site et son alimentation électrique.