Le Gabon sollicite officiellement un programme du FMI pour stabiliser ses finances
© Ministère gabonais de l'Economie et des FinancesLe Gabon a officiellement demandé, le 11 mars, la mise en place d’un programme avec le FMI, une démarche qui pourrait renforcer la transparence budgétaire et stabiliser les finances du pays. Les discussions se poursuivront dans les prochaines semaines alors que les marchés surveillent de près les réformes économiques promises par Libreville.
Le Gabon a officiellement demandé un programme d’assistance au Fonds monétaire international, une initiative susceptible de contribuer à stabiliser les finances publiques du pays d’Afrique centrale et à améliorer la transparence budgétaire, a indiqué le 11 mars un porte-parole de l’institution à Reuters.
Cette demande intervient à l’issue d’une mission de dix jours du FMI dans ce pays d’environ 2,6 millions d’habitants. Il s’agissait de la première visite du Fonds depuis que le gouvernement gabonais a annoncé son intention d’obtenir un prêt de l’institution, après avoir envisagé pendant plus d’un an un recours direct aux marchés financiers.
Pour les investisseurs et les agences de notation, la conclusion d’un programme avec le FMI est considérée comme un signal déterminant pour restaurer la confiance. Toutefois, des doutes persistent quant à la transparence de la dette gabonaise et à la capacité des autorités à mener les réformes budgétaires jugées nécessaires, souvent décrites comme « drastiques et impopulaires ».
Selon le porte-parole du Fonds, la mission a permis d’examiner les priorités économiques du gouvernement ainsi que ses projets de réformes. Les discussions ont notamment mis en évidence « les bénéfices potentiels des réformes en cours » et souligné l’importance de politiques budgétaires et financières prudentes pour préserver la stabilité macroéconomique du Gabon et de la région.
Les échanges avec les autorités gabonaises devraient se poursuivre dans les prochaines semaines, notamment lors des réunions de printemps du FMI.
Une annonce bien accueillie par les marchés
L’annonce a été bien accueillie par les marchés financiers. Le prix des obligations souveraines gabonaises libellées en dollars et arrivant à échéance en 2029 a progressé de 2,1 cents, atteignant 94,35 cents pour un dollar, soit son plus haut niveau en trois semaines.
La recherche d’un programme avec le FMI pourrait également avoir des implications régionales. Le Gabon est la deuxième économie de la Communauté économique et monétaire de l'Afrique centrale (CEMAC), une union monétaire d’Afrique centrale qui regroupe aussi le Cameroun, le Tchad, le Congo, la Guinée Équatoriale et la République Centrafricaine.
Selon l’agence Fitch Ratings, le Gabon s’appuie de plus en plus sur le marché financier de la CEMAC pour ses emprunts. Mais les tensions de liquidité dans la région rendent difficile l’accès à de nouveaux financements au-delà du simple renouvellement des dettes existantes.
Avant la mission du FMI, le ministère gabonais des Finances avait affirmé que le recours à l’institution s’inscrivait dans la volonté du gouvernement de « renforcer la transparence, la rigueur budgétaire et la soutenabilité des finances publiques ».