Plus de 900 migrants africains morts en mer Rouge en 2025
© news.un.orgL’année 2025 a été la plus meurtrière jamais enregistrée sur la «route orientale» reliant la Corne de l’Afrique à la péninsule Arabique, avec 922 migrants tués ou disparus en mer Rouge, selon l’Organisation internationale pour les migrations. Un bilan qui a doublé par rapport à 2024 et met en lumière les risques mortels de ces traversées.
Des dizaines de milliers de personnes, principalement originaires d’Éthiopie et de Somalie, empruntent chaque année cette route périlleuse depuis Djibouti vers le Yémen, dans l’espoir de trouver du travail dans les pays du Golfe. 2025 a été l’année la plus meurtrière jamais enregistrée sur la route migratoire orientale, avec 922 personnes mortes ou portées disparues, soit le double du nombre de l’année précédente.
En 2025, les migrants en mer Rouge en 2025 ont payé le prix le plus élevé jamais enregistré sur ce couloir maritime. L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) recense 922 personnes décédées ou disparues sur la Route de l'Est, soit le double du bilan de l'année… pic.twitter.com/dKB8RE6lV4
— Magazine pagesjaunes.online (@magazinepj) March 26, 2026
Un record tragique porté par la misère éthiopienne
La majorité des victimes sont éthiopiennes. Le pays, deuxième le plus peuplé d’Afrique avec plus de 130 millions d’habitants, cumule pauvreté structurelle, inflation élevée et conflits armés persistants, notamment dans les régions d’Amhara et d’Oromia, après la sanglante guerre du Tigré (2020-2022) qui a fait plus de 600 000 morts. Autant de facteurs qui alimentent les départs.
À ces pressions s’ajoutent les catastrophes naturelles et l’absence de perspectives économiques. Pourtant, une croissance attendue autour de 10 % en 2026 pourrait, selon l’OIM, atténuer légèrement les départs, même si une inflation galopante d’environ 10 % continue d’alimenter les pressions migratoires. De nombreux migrants qui parviennent à traverser se retrouvent bloqués au Yémen, pays en guerre civile depuis près de dix ans et le plus pauvre de la péninsule Arabique. Certains choisissent même de rebrousser chemin, épuisés par les conditions inhumaines.
L’OIM reste engagée aux côtés du gouvernement djiboutien pour promouvoir des voies de migration sûres et dignes. « L’OIM reste pleinement engagée à travailler […] afin de prévenir de nouvelles tragédies », a ajouté Tanja Pacifico, qui a rencontré l’ambassadeur d’Éthiopie à Djibouti au début du mois.
H.E. Amb. Legesse Tulu (PhD) met with Ms. Tanja Pacifico, IOM Chief of Mission to Djibouti. In their discussions, they reaffirmed a shared commitment to strengthening support for 🇪🇹 migrants and enhancing conditions for their safe, orderly, and voluntary return. @DjiboutiIompic.twitter.com/uxwTiuHtH7
— Ethiopian Embassy Djibouti (@ETEmbassyJIB) March 8, 2026
Mais face à la détermination des candidats au départ, les naufrages et les disparitions en mer Rouge continuent de creuser un bilan humain insoutenable. La tendance pourrait s’aggraver un peu plus avec les déstabilisations causées par la guerre israélo-américaine contre l'Iran.