Vie chère : le président algérien instaure sept mesures pour juguler la hausse des prix
© X / Algerie360Le président algérien mise sur sept mesures pour freiner la hausse des produits de consommation dans le pays, en s’attaquant aux intermédiaires et en renforçant les dispositifs de suivi, de contrôle et d’intervention pour réprimer les mauvaises pratiques.
Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a fixé lors d’un Conseil des ministres, tenu le 18 octobre, un plan en sept mesures qui seront mises en place immédiatement pour contrer la hausse des prix et réguler les prix des produits de consommation et protéger le pouvoir d’achat des citoyens. Le pays a subi les mois derniers, une hausse, qualifiée d’injustifiée par la presse locale, des prix des viandes, de certains légumes et de fruits. Par cette décision, le gouvernement amorce une nouvelle phase dans la lutte contre les dérèglements du marché local, et ce, en instaurant des mécanismes de surveillance permanente à divers stades de la commercialisation depuis la production ou l’importation à la consommation. Le gouvernement pointe les pratiques des intermédiaires, des spéculateurs et l’augmentation artificielle des marges à l’origine de la flambée des prix des denrées.
Les réseaux intermédiaires dans le collimateur de l’État
Le président algérien a ordonné d’élaborer un projet de loi visant la réglementation stricte de l’activité des intermédiaires de vente entre producteurs et consommateurs, une décision qui met en cause les circuits de commercialisation jugés longs et opaques.
Pour la seconde mesure, il a ordonné au Premier ministre, Sifi Ghrieb, d’« ouvrir immédiatement une enquête sur le rôle négatif de certains importateurs dans la monopolisation et l’augmentation des prix des viandes importées ». Dans cette même perspective, il a recommandé de contrôler les boucheries qui commercialisent les viandes importées au prix des viandes locales. Les écarts des prix des viandes à l’échelle des wilayas, et même dans les quartiers, seront aussi surveillés par le gouvernement. Cette mesure vise à déterminer, chiffres à l’appui, les causes des écarts des prix et ceux qui en profitent.
Une troisième mesure préconisée par le chef de l'État prévoit la mise en place d’un « mécanisme permettant d’acheter localement les excédents de production, de les stocker, puis de les mettre sur le marché, dès l’apparition des premiers indicateurs de changement des prix », accordant ainsi à l'État un rôle de régulateur de l’offre et de la demande.
Plafonner les prix, assurer les contrôles et intervenir en permanence pour contrer les anomalies
La quatrième mesure du président algérien concerne le ministère du Commerce intérieur qui aura la charge « d’élaborer un dispositif de plafonnement des prix et de fixation des marges bénéficiaires des légumes, des légumineuses, des pâtes et des viandes, en tenant compte des chaînes de production et de commercialisation ». La cinquième mesure prévoit de mettre en place un système décentralisé permettant aux directeurs du commerce, sous la responsabilité des walis, d’assurer le suivi quotidien, au niveau local, des prix des produits de large consommation. Quant à la sixième mesure, elle engage le renforcement des brigades de contrôle des prix relevant du ministère du Commerce intérieur et assure des descentes quotidiennes sur le terrain tout au long de l’année. Cette mesure vient se substituer aux interventions occasionnelles en installant une permanence au rôle à la fois préventif et répressif.
Création d’une base de données numériques
Pour la dernière mesure, la numérisation sera mise à profit pour coordonner les actions des ministères de l’Intérieur et du Commerce intérieur, ainsi que du Haut-Commissariat à la numérisation, afin de créer une base de données numériques destinée à assurer un contrôle rapide et efficace des prix. Ce dispositif agira comme un « mécanisme d’alerte » permettant une intervention plus réactive des services concernés en cas de hausse anormale des prix.
La vie chère fait couler beaucoup d'encre en ce moment, notamment en Europe où le coût de la vie élevé, la hausse des loyers, les bas salaires et les dégradations des services publics attisent une colère de plus en plus ardente dans plusieurs pays européens, notamment en France, en Belgique, au Portugal ou encore en Italie. Des manifestations et des protestations éclatent un peu partout dans ces pays à une cadence de plus en plus soutenue, qui dégénèrent bien souvent en heurts avec les forces de l’ordre.