Le Sénégal entend intégrer les technologies spatiales à ses politiques publiques pour renforcer sa souveraineté
© X / Eye ThinkLe gouvernement sénégalais ambitionne de faire des technologies spatiales un levier de développement économique, de sécurité et de souveraineté nationale. Cette ambition s’accompagne de projets de recherche scientifique, d’infrastructures et de formation destinés à renforcer les compétences du pays dans le secteur spatial.
Faire des technologies spatiales un levier de souveraineté et de renforcement des politiques publiques dans plusieurs secteurs : telle est l’ambition du gouvernement sénégalais et du président Bassirou Diomaye Faye. Cette stratégie vise à mettre les applications spatiales au service de l’agriculture, de la pêche, de la prévention des inondations, de l’aménagement du territoire et de la sécurité. Elle s’appuie notamment sur des projets d’infrastructures astronomiques, d’assemblage de satellites, de mobilité urbaine, de télémédecine et de surveillance du territoire.
C’est ce qui ressort des propos tenus par Maram Kaïré, directeur général de l’Agence sénégalaise d’études spatiales (ASES), en marge d’un atelier de vulgarisation des sciences spatiales destiné aux médias et aux leaders religieux, organisé du 26 au 28 octobre 2026 à Toubab Dialaw, dans l’ouest du Sénégal.
Soulignant la nécessité de faire de l’ambition spatiale un projet national à part entière, le responsable de l’ASES a déclaré : « Il était important pour nous de faire en sorte que non seulement les médias comprennent de quoi il s’agit quand nous parlons de sciences spatiales, mais que la société s’approprie également le projet de développement spatial que nous avons ».
Enrichir l’« ADN » de l’économie grâce aux technologies spatiales
Maram Kaïré a souligné l’importance des ressources maritimes dans l’économie sénégalaise. La technologie satellitaire constitue ainsi un atout majeur pour préserver les ressources halieutiques, protéger les installations pétrolières offshore et lutter contre les activités illicites dans les eaux du pays. « Notre économie devrait avoir, dans le futur, dans son ADN même, l’utilisation des technologies spatiales pour s’enrichir », a-t-il plaidé, appelant à intégrer progressivement ces technologies dans les activités économiques.
L’ASES envisage plusieurs projets structurants. Parmi les plus importants figure la construction de l’un des principaux observatoires de recherche en astronomie et en astrophysique d’Afrique de l’Ouest, ainsi que la création du premier institut national d’astrophysique, qui devrait contribuer à diversifier les filières scientifiques proposées aux étudiants sénégalais.
Sur le plan industriel, la création d’un centre d’assemblage de microsatellites et de nanosatellites permettrait de développer les capacités nationales dans ce domaine. Dans cette perspective, l’Agence sénégalaise d’études spatiales travaille avec l’état-major général des armées au lancement de deux satellites : le premier serait destiné à la surveillance maritime et le second à celle des frontières, afin de renforcer la sécurité du territoire.
Accords Artemis : renforcer les compétences des ingénieurs et techniciens
En adhérant, en juillet 2025, aux accords Artemis, qui s’inscrivent dans le cadre de la coopération internationale autour de l’exploration spatiale, le Sénégal entend tirer parti de nouvelles perspectives de formation et de montée en compétences pour ses ingénieurs et techniciens du secteur spatial.
Maram Kaïré a indiqué que des spécialistes sénégalais avaient récemment été sollicités pour soumettre des propositions de robots ou de dispositifs techniques susceptibles d’être utilisés sur la Lune. Cette initiative permettrait au pays de contribuer activement au projet, au-delà d’une simple participation institutionnelle. « Nous ne voulons pas être des spectateurs, nous voulons être des acteurs », a-t-il souligné.