Afrique

Madagascar : des soldats formés par la Russie, les BRICS en ligne de mire

Dans un entretien accordé à RT en français, le président malgache Michaël Randrianirina a détaillé les avancées concrètes de la coopération avec Moscou. Il a dit vouloir un partenariat avec les BRICS, sans couper les liens avec Paris, sur fond de contentieux historiques, et a plaidé pour une autre place de l’Afrique à l’ONU.

Le premier bilan de Michaël Randrianirina sur son rapprochement avec Moscou est d’abord militaire. Dans un entretien accordé à RT en français, le président malgache est revenu sur sa rencontre de février avec Vladimir Poutine et sur les projets déjà engagés.

« Le plus important est la coopération militaire, la coopération militaro-technique, qui est la plus développée actuellement. La formation des soldats malgaches, tant à Madagascar qu’ici en Russie, est déjà en cours », a-t-il déclaré.

Des instructeurs russes déjà sur place

Depuis janvier, l’Africa Corps, structure du ministère russe de la Défense, forme des soldats malgaches. En mai, 127 militaires ont achevé un stage de huit semaines, d’après African Initiative. RT en français a filmé ces entraînements.

Michaël Randrianirina cite aussi une aide médicale en cours, des équipements destinés à soutenir l’agriculture et des groupes électrogènes attendus. Un sujet sensible : les coupures d’eau et d’électricité avaient déclenché les manifestations de septembre 2025 qui ont précédé le changement de pouvoir.

BRICS et France : de nouveaux choix

Sur les BRICS, le dirigeant a tenu à lever toute ambiguïté : « Ce dont j’ai parlé, ce n’est pas de devenir membre à part entière des BRICS, mais partenaire. » L’économie malgache n’est pas encore assez solide pour une adhésion complète, explique-t-il. Antananarivo recherche surtout d’autres débouchés commerciaux, après des coopérations internationales qui n’ont pas donné satisfaction.

Il ne prévoit pas pour autant de rompre avec la France, où il s’est rendu à deux reprises. Mais les différends avec l’ancienne puissance coloniale restent entiers. Madagascar revendique les îles Éparses, administrées par Paris, un dossier toujours inscrit à l’ONU. En 2025, Paris avait facilité le départ d’Andry Rajoelina. En avril, Antananarivo avait exigé le départ d’un agent de l’ambassade française, sur fond de soupçons de déstabilisation contestés par Paris.

L’Afrique réclame sa place

La suspension de Madagascar des réunions de l’Union africaine n’a pas interrompu la coopération avec l’organisation, a précisé le président. Il a expliqué : « Notre projet, pour lever les quelques sanctions encore en vigueur contre Madagascar, consiste à suivre la feuille de route qui mènera ce pays à des élections. »

Enfin, Michaël Randrianirina juge l’ONU incapable de remplir sa mission de paix face aux conflits actuels. Il réclame une réforme du Conseil de sécurité, où l’Afrique possède des sièges élus, mais aucun siège permanent. « Elle a le droit d’y être représentée, de prendre part aux décisions pour pouvoir défendre ses propres intérêts en matière de sécurité dans le monde », a-t-il affirmé.