Madagascar : un ex-militaire français arrêté dans une affaire de déstabilisation
© Unsplash / Sitraka Mamy Tantely AndriamialijaonaÀ Madagascar, les autorités ont placé en détention un ancien militaire français, accusé d’avoir participé à un projet de déstabilisation visant à provoquer des coupures d’électricité, des troubles publics et une mutinerie au sein des forces de sécurité. L’affaire provoque aussi des tensions diplomatiques avec la France.
Les autorités malgaches ont annoncé, le 29 avril, l’arrestation et le placement en détention provisoire d’un ancien militaire français soupçonné d’avoir participé à un complot visant à déstabiliser le pays, notamment par l’organisation de sabotages d’infrastructures stratégiques et l’incitation à une rébellion au sein des forces de sécurité.
Le principal suspect, Guy Baret, a été placé en détention préventive à la prison de haute sécurité de Tsiafahy, selon le parquet malgache. Il est poursuivi dans le cadre d’une enquête portant sur une tentative présumée de perturbation de l’ordre public.
Selon le vice-procureur Nomenarinera Mihamintsoa Ramanantsoa, plusieurs autres personnes sont impliquées dans cette affaire, dont le colonel Patrick Rakotomamonjy, ainsi que d’autres complices présumés.
Le parquet accuse le groupe d’avoir planifié une série d’actions destinées à provoquer une crise nationale, parmi lesquelles des sabotages de lignes électriques et de centrales thermiques exploitées par la société publique Jirama, avec pour objectif de provoquer des coupures de courant à grande échelle.
Les autorités affirment également que les suspects prévoyaient de perturber la circulation, de mobiliser des jeunes pour alimenter des troubles et de pousser certains éléments des forces de sécurité à se mutiner contre les institutions de l’État. Les faits auraient dû être mis à exécution à partir du 18 avril, selon l’enquête.
Un groupe WhatsApp au cœur de l’affaire
Pour étayer leurs accusations, les enquêteurs évoquent l’existence d’un groupe WhatsApp baptisé « Tolom-piavotan’ny olom-banona » (« Révolution des citoyens courageux »), présenté comme l’outil de coordination du projet.
Dans un développement parallèle, le ministère malgache des Affaires étrangères a annoncé avoir déclaré persona non grata un agent de l’ambassade de France à Antananarivo, estimant que ses activités étaient incompatibles avec son statut diplomatique et liées à cette même enquête.
L’ambassadeur de France à Madagascar, Arnaud Guillois, a été convoqué pour être informé de cette décision. Aucun détail supplémentaire n’a été communiqué sur l’identité ou le rôle exact de l’agent concerné.
Ancienne colonie française, Madagascar entretient des liens historiques étroits avec Paris, mais le pays reste marqué par une instabilité politique récurrente.