Le parquet de Paris ouvre une information judiciaire après la mort d’un immigré mauritanien en garde à vue

Le parquet de Paris ouvre une information judiciaire après la mort d’un immigré mauritanien en garde à vue© Compte X @NunezLaurent
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez, le 6 janvier 2026. [Photo d’illustration]
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Le parquet de Paris a saisi un juge d’instruction pour enquêter sur des «violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort» après le décès d’El Hacen Diarra, 35 ans, dans le commissariat du 20e arrondissement.

Le parquet de Paris a ouvert le 19 janvier une information judiciaire pour « violences volontaires par personne dépositaire de l’autorité publique ayant entraîné la mort », à la suite du décès suspect d’El Hacen Diarra, un Mauritanien de 35 ans, survenu dans la nuit du 14 au 15 janvier au commissariat du 20e arrondissement de Paris.

Une vidéo d’interpellation violente et l’absence de caméras piétons alimentent les soupçons de violences policières, tandis que la famille dénonce un délai excessif avant l’ouverture d’une enquête judiciaire.

El Hacen Diarra a été interpellé devant le foyer de travailleurs migrants des Mûriers où il résidait, pour usage de faux documents, détention de cannabis et rébellion, selon le parquet. Les policiers affirment l’avoir contrôlé après l’avoir vu rouler un joint, puis avoir utilisé un taser au mollet à la suite d’une altercation.

Une interpellation filmée, mais sans images officielles

Une vidéo amateur relayée sur les réseaux sociaux montre deux agents, dont un à genoux, donnant des coups de poing vers un homme plaqué au sol. L’analyse sonore menée par la famille révèle les cris d’El Hacen Diarra : « Vous m’étranglez ! ».

Aucune vidéosurveillance publique ni images des caméras piétons (déchargées selon les agents) ne couvrent la scène. Le parquet a lancé un appel à témoins pour recueillir d’autres éléments.

Au commissariat, les vidéos internes montrent l’homme « très fatigué », s’effondrant, urinant puis étant allongé après vérification de son pouls. Les secours sont appelés, mais le décès est constaté à 0 h 20 après un massage cardiaque.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a déclaré devant l’Assemblée nationale : « Il y a deux coups qui ont été portés. De là à dire que ces deux coups ont été mortels, il y a un pas que je ne franchis pas. »

L’autopsie révèle une fracture du cartilage thyroïdien (compatible avec un étranglement selon l’avocat de la famille) et une plaie à la tempe, mais sans certitude sur la cause du décès : défaillance cardio-circulatoire avec inhalation massive. Des examens toxicologiques et anatomopathologiques sont en cours.

L’avocat Yassine Bouzrou dénonce « l’inaction coupable du parquet » et un délai de cinq jours durant lequel, selon lui, « la vérité a été étouffée ». Il fustige par ailleurs les déclarations du ministre, qui, selon lui, « banalisent des coups portés sur un homme à terre », estimant que ce dernier « déshonore la fonction, affaiblit la police républicaine et trahit la République ».

La famille réclame la garde à vue des policiers impliqués, évoquant des lésions « caractéristiques » d’un étranglement. Un rassemblement d’un millier de personnes, le 18 janvier, a rendu hommage à cet immigré.

L’enquête, initialement confiée à l’IGPN pour recherche des causes de la mort, vise désormais à établir si des violences policières ont causé le décès, une semaine après la condamnation très médiatique d’un policier pour usage non-règlementaire d’un LBD.

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