Budget français 2027 : les députés aggravent le déficit de 8 milliards en commission
© Telmo Pinto/NurPhoto Source: Gettyimages.ruL’examen de la première partie du projet de loi de finances 2027 en commission des finances s’est achevé par un rejet quasi unanime. David Amiel dénonce une dégradation nette de 8 milliards d’euros du déficit public. Le texte sera examiné le mardi 20 octobre à l'Assemblée nationale.
Les députés ont multiplié les amendements qui effacent les économies prévues et alourdissent les dépenses dans le Projet de loi de finance (PLF) 2027, illustrant la difficulté du gouvernement à trouver une majorité pour redresser les comptes à six mois de la présidentielle.
Un texte transformé en cadeaux fiscaux
La commission des finances a rejeté la partie recettes du PLF 2027 par 31 voix contre, 3 pour et 2 abstentions. Seuls quelques députés Renaissance ont soutenu la copie gouvernementale. « Ce qui ressort de la commission des finances, ce n’est pas une amélioration du déficit public, mais une dégradation d’au moins 8 milliards d’euros », a accusé dimanche 11 octobre, David Amiel, ministre de l'Action et des Comptes publics, au Grand Jury RTL.
Dès les premières heures, les élus ont rayé l’un des principaux efforts budgétaires : le rabot de l’abattement fiscal de 10 % sur les pensions de retraite, plafonné à 3 000 euros au lieu de 4 439. Cette mesure devait rapporter 1,4 milliard d’euros.
Les autres suppressions de niches (ALD, accidents du travail) ont connu le même sort, pour 1,3 milliard de dégradation supplémentaire.
Les députés n’ont pas seulement annulé des économies. Ils ont voté l’exonération totale des heures supplémentaires, un crédit d’impôt pour les résidents d’Ehpad et une baisse de la TVA sur l’électricité, chiffrée jusqu’à 6 milliards par certains experts.
Dans le même temps, des hausses d’impôts ont été adoptées : taxe sur les transactions financières, contribution différentielle sur les hauts revenus, taxe sur les avoirs en déshérence.
Éric Coquerel, président insoumis de la commission, avait salué dès le 8 octobre en commission « 10 milliards de recettes supplémentaires » tandis que le rapporteur général évoquait 7,6 milliards.
Bonne nouvelle ! La commission a adopté mon amendement issu de ma mission flash sur les conséquences des fortes chaleurs. Il permettra de relever le plafond du Livret A à 30 000 €. C'est donc 10 milliards d’euros, dont au moins la moitié pour financer l’adaptation des logements sociaux aux fortes chaleurs. C’est une première contribution pour répondre au besoin de financement de l’adaptation, estimé à au moins 70 Md€ par ces travaux.
— Eric Coquerel (@ericcoquerel) October 8, 2026
Le gouvernement vise un déficit à 5 % du PIB en 2027 conformément aux règles européennes, soit près de 45 milliards d’efforts. Mais le rejet en commission, même non contraignant, annonce des débats chaotiques. Sébastien Lecornu n’exclut plus le recours aux ordonnances ou à l’article 49.3.