Exactions du 17 octobre : la capacité d’anticipation des autorités françaises pointée du doigt

Exactions du 17 octobre : la capacité d’anticipation des autorités françaises pointée du doigt© Carl Court Source: Gettyimages.ru
Un membre des forces de l'ordre françaises, le 17 octobre 2026 dans Paris. [Photo d'illustration]
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Alors que des scènes inouïes de pillages à Paris et dans d’autres grandes villes françaises ont fait le tour du monde le 17 octobre, des voix s’élèvent pour mettre en cause un manque de préparation des autorités face à une journée de mobilisation qui était pourtant pressentie comme à risques.

« Toute la journée, la police nationale a été seule », a dénoncé ce 18 octobre depuis Marseille Rudy Manna, porte-parole du syndicat UNSA Police, auprès de journalistes. « Personne n’est venu nous aider, on a vécu un calvaire », a poursuivi le syndicaliste policier, alors qu’au lendemain des violences et pillages dans des centre-villes en France des doigts pointent vers une mauvaise anticipation des autorités.

« Oui, on a été en sous-nombre toute la journée – oui je le dit – et on a vécu l’enfer ! », a-t-il martelé. « Vous avez vu la ville dans quel état elle est ? », a-t-il interpellé. Avant de lancer : « C’est notre ville aussi ! »

Déjà dans la soirée, alors que les scènes de chaos et de pillages se poursuivaient dans la capitale française, des journalistes sur les plateaux – citant des sources policières – rapportaient que la préfecture de Police aurait battu le rappel en pleine journée, trahissant un sous-dimensionnement du dispositif d’ordre mis en place.

« Des membres du gouvernement n’ont pas pris leurs responsabilités », a de son côté déclaré sur BFMTV Reda Belhaj, porte-parole du syndicat de police Un1té Île-de-France, renvoyant aux « alertes » de son organisation syndicale. Et d’estimer qu’au sein de la hiérarchie « ils ont été très mauvais ».

« Ils auraient dû nous soutenir dès le départ. Aujourd’hui, je vois des tweets de personnes très très haut placé, jusqu’au sommet de l’État, qui nous disent à nous qu’il faut faire bloc. C’est juste une blague en fait, hier les collègues se sont fait défoncer », a-t-il ajouté, en référence un tweet d’Emmanuel Macron.

« Aujourd’hui, on voit le résultat de l’empathie et de la pédagogie », a repris Reda Belhaj, là encore en référence à des consignes venues du sommet de l’État, n’hésitant pas à dresser un lien entre ces scènes de chaos et celles survenues dans la foulée de matchs majeurs de football. « On sait très bien qui vient piller à Châtelet », a-t-il insisté, après avoir évoqué « des jeunes de banlieue ».

« On nous a répondu : "Circulez il n’y a rien à voir" »

« Après chaque finale, on a fait des retours d’expérience, qu’on a transmis à la préfecture de Police, et on nous a répondu : "Circulez il n’y a rien à voir" », a encore affirmé  Reda Belhaj. Et d’enfoncer le clou : « C’est la base qui prend les pavés [...] Qui a de l’expérience ? [Pas] des gens qui ont des cravates et des chemises blanches qui sont derrière des bureaux. »

Une critique, en matière d’anticipation, que l’on retrouve également du côté des maires dont les villes ont été les plus touchées par les violences et les pillages, en l’occurrence les édiles de Paris Emmanuel Grégoire (PS), de Lyon Grégory Doucet (Écologistes) et de Marseille Benoît Payan (divers gauche), qui ont signé un communiqué commun le 17 octobre au soir demandant à être reçus en urgence par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

« Nous exigeons qu’un diagnostic précis soit établi, expliquant l’enchaînement d’événements ayant abouti à cette situation. Cela ne peut et ne doit pas se reproduire », ont-ils écrit, associant à leur démarche les « maires des villes touchées ».

« Je ne me suis jamais senti aussi seul que ce soir », a fustigé auprès de BFMTV le premier magistrat de Marseille, dont la mairie a été en partie investie par des casseurs, renvoyant notamment à la suppression par le gouvernement de la préfecture de police des Bouches-du-Rhône.

« Il n'y avait qu'une compagnie de CRS ce matin pour l'intégralité de la ville de Marseille », avait-il regretté plus tôt dans la journée, soulignant : « Je vous rappelle que Marseille, c'est cinq fois Lyon en surface, deux fois et demi Paris. »

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