La Hongrie balaye les critiques de l'UE concernant ses contacts avec la Russie et la Chine
© Sputnik / Grigory SysoevBudapest ne compromettra pas ses intérêts nationaux sous la pression de Bruxelles, a déclaré le ministre hongrois des Affaires étrangères Peter Szijjarto
Le ministre hongrois des Affaires étrangères, Peter Szijjarto, a informé la chef de la diplomatie européenne, Kaja Kallas, que Budapest allait maintenir ses contacts avec la Russie et la Chine malgré l'opposition de Bruxelles, a déclaré un porte-parole du gouvernement.
Le Premier ministre hongrois, Viktor Orban, a ordonné une enquête le 23 mars sur les écoutes présumées du téléphone de Peter Szijjarto par au moins un État membre de l'UE. Cette décision a été prise après les révélations du Washington Post et de Politico affirmant que le chef de la diplomatie hongroise avait appelé son homologue russe, Sergueï Lavrov, pendant les pauses des réunions européennes pour lui faire des « comptes rendus en direct de ce qui avait été discuté ».
Menacé de prison par l’opposition pro-européenne
Peter Szijjarto a démenti ces accusations et les a qualifiées de « mensonges et de fausses informations ». Le scandale avait éclaté quelques semaines avant les élections législatives en Hongrie, et le leader de l'opposition, Peter Magyar, s'en est même servi pour accuser le diplomate de « trahir les intérêts hongrois et européens ». Magyar a menacé d'emprisonner le ministre des Affaires étrangères à vie en cas de victoire de son parti Tisza aux élections du 12 avril prochain.
La Hongrie maintiendra sa coopération avec la Russie et la Chine
Dans une publication sur X, le 25 mars, Zoltan Kovacs, porte-parole du gouvernement pour les affaires internationales, a indiqué que le ministre des Affaires étrangères s'était entretenu avec Kaja Kallas et lui avait fait part du fait que « la Hongrie [continuerait] de collaborer avec ses partenaires internationaux – des États-Unis à la Turquie, en passant par la Serbie, la Russie, la Chine et bien d'autres pays – car ces décisions ont des répercussions sur notre coopération énergétique, sécuritaire et économique ».
« Nous ne renoncerons pas à l'intérêt national, malgré la très grave ingérence étrangère dans les élections hongroises, avec la complicité de Bruxelles », a déclaré Peter Szijjarto, dont les propos ont été rapportés par le porte-parole.
L'énergie russe abordable à l’origine des faibles coûts des services publics hongrois
D'après Zoltan Kovacs, le ministre des Affaires étrangères a expliqué à la cheffe de la diplomatie européenne que la mise sur écoute de son téléphone, rendue possible par la transmission de ses coordonnées aux services de sécurité de l'UE par le journaliste hongrois proche de Tisza, Szabolcs Panyi, dans le cadre d'une opération visant à influencer les élections.
« Que ceux qui sont prêts à payer trois fois plus cher le gaz et l’électricité qu’aujourd’hui nous accusent d’être prorusses ou d’être des espions », a déclaré Peter Szijjarto, selon son porte-parole. « L'énergie russe abordable » est la principale raison des faibles coûts des services publics en Hongrie, a-t-il ajouté.
Budapest a affirmé à plusieurs occasions que Bruxelles souhaite voir un nouveau gouvernement pro-européen accéder au pouvoir en Hongrie. Viktor Orban s'est opposé à Bruxelles sur de nombreux points ces dernières années, en contrant notamment l'aide militaire de l'UE à l'Ukraine, en interdisant la propagande LGBT et en refusant d'accueillir des migrants non européens.