Entre les menaces de «renvoyer l’Iran à l’âge de pierre» et les promesses de finir la guerre rapidement, Trump expose son absence totale de stratégie
© Getty ImagesTrump promet de «renvoyer l’Iran à l’âge de pierre» tout en promettant une victoire rapide. Le décalage entre discours et réalité alimente le doute sur la stratégie américaine. La guerre s’enlise et fait peser des risques économiques et géopolitiques majeurs.
Lors de son allocution du 1er avril, le président Donald Trump a multiplié les déclarations choc, affirmant que les États-Unis allaient « frapper très durement » l’Iran et pourraient le « renvoyer à l’âge de pierre » en cas d’absence d’accord. Dans le même temps, il a assuré que Washington détenait « toutes les cartes » et que la victoire était proche, promettant de « finir le boulot » rapidement.
Ce ton martial contraste pourtant avec l’incertitude qui entoure le conflit. Initialement présenté comme une opération rapide, l’affrontement s’installe dans la durée et pèse déjà sur l’économie mondiale, notamment via la hausse des prix de l’énergie. Malgré cela, Trump alterne entre discours triomphaliste et signaux contradictoires, évoquant tour à tour une escalade imminente et une fin proche des hostilités.
Toujours aussi peu clair
Face à une opinion publique de plus en plus critique, le président Donald Trump a défendu son action militaire contre l’Iran en mettant en avant des « victoires rapides, décisives et écrasantes ». Il affirme que les capacités navales et aériennes iraniennes ont été détruites et que les programmes balistiques et nucléaires ont été fortement affaiblis. « Nous avons toutes les cartes, eux n’en ont aucune », a-t-il insisté, tout en promettant d’achever l’opération « très rapidement ».
Malgré ce discours offensif, aucune stratégie de sortie claire n’a été présentée. Trump a également évoqué la possibilité de cibler simultanément des infrastructures électriques en cas d’échec des discussions, sans détailler les contours d’un éventuel accord.
Dans le même temps, le président américain a évité les sujets sensibles, comme un éventuel engagement terrestre ou la question précise des stocks nucléaires iraniens, se contentant d’évoquer une surveillance à distance.
Le discours n’a guère rassuré les marchés ni les alliés. Les prix du pétrole ont immédiatement grimpé, tandis que les places financières asiatiques reculaient nettement. Aux États-Unis, une majorité d’Américains se dit désormais opposée à la guerre et favorable à une fin rapide de l’engagement, même sans victoire totale.
Trump a tenté de minimiser l’impact économique, qualifiant la hausse des prix de phénomène « temporaire » et assurant que l’économie restait solide. Il a également renvoyé ses partenaires à leurs propres responsabilités énergétiques, tout en affirmant que les États-Unis ne dépendaient pas du détroit d’Ormuz.