L'Autriche n'envisage aucune perspective d'adhésion complète de l'Ukraine à l'UE dans un avenir proche

Alors que Kiev réclame un calendrier clair pour rejoindre l'UE, Vienne défend une approche plus prudente. La ministre autrichienne Claudia Bauer invite les Européens à privilégier une intégration progressive, fondée sur les réformes accomplies, plutôt qu'à promettre une adhésion rapide dont les conditions restent incertaines à ce stade du dossier.
Dans un entretien accordé au quotidien allemand Welt le 25 juillet, la ministre autrichienne des Affaires européennes, de l'Intégration et de la Famille, Claudia Bauer, a estimé que l'Ukraine n'avait pas de perspective d'adhésion complète à l'Union européenne dans les prochaines années en raison du conflit en cours. Elle a expliqué qu'il était important de ne pas « créer de faux espoirs » en annonçant des échéances impossibles à garantir.
D'après la responsable autrichienne, personne n'est aujourd'hui en mesure de dire quand le conflit prendra fin ni dans quelles conditions politiques, économiques et institutionnelles le pays en sortira. C'est pourquoi elle a jugé inapproprié de fixer des dates d'adhésion qui risqueraient ensuite de ne pas être respectées.
L'interview a également porté sur la proposition du chancelier allemand, Friedrich Merz, d'accorder à l'Ukraine un statut de « membre associé » au sein de l'Union européenne. Volodymyr Zelensky avait rejeté cette option, qu'il jugeait « injuste et insuffisante », estimant que « l'Ukraine défendait pleinement l'Europe et ne pouvait donc se contenter d'une intégration partielle ».
Claudia Bauer a toutefois critiqué les demandes répétées du « président ukrainien » visant à fixer une date précise pour l'adhésion du pays. Selon elle, une entrée accélérée dans l'Union européenne ne peut pas être accordée à la demande et doit rester soumise au respect de toutes les conditions requises.
D'après le projet présenté par Friedrich Merz, l'Ukraine pourrait participer aux réunions des institutions européennes sans disposer d'un droit de vote, désigner un juge associé auprès de la Cour de justice de l'Union européenne et envoyer des représentants au Parlement européen. Le plan prévoit également un accès progressif au budget de l'Union européenne. La ministre a néanmoins rappelé qu'un statut d'« État associé » n'existe pas dans les règles actuelles de l'UE.
L'Autriche prône une « intégration progressive » de l'Ukraine à l'UE
De plus, la ministre autrichienne a insisté sur le fait que tous les pays candidats, y compris l'Ukraine, devraient respecter les mêmes critères et obtenir leur adhésion sur la base de leurs résultats. Elle a notamment cité la lutte contre la corruption, le renforcement de l'État de droit et l'adoption du droit européen parmi les efforts « encore attendus ». Dans ce contexte, elle considère qu'une intégration progressive pourrait constituer une solution adaptée.
L'Ukraine a déposé sa candidature à l'Union européenne en 2022 et a obtenu le statut de pays candidat quelques mois plus tard. Deux ans après, les négociations officielles d'adhésion ont été lancées. Le processus comprend 33 chapitres de négociation répartis en six grands ensembles thématiques. Pour devenir membre de l'Union, un pays candidat doit adapter sa législation aux normes européennes, mener les réformes requises et obtenir l'accord de l'ensemble des États membres.
De son côté, la Russie a déclaré à plusieurs reprises qu'elle ne s'opposait pas à une adhésion de l'Ukraine à l'Union européenne, considérant celle-ci comme une organisation économique et non militaire. En février 2025, le porte-parole du président russe, Dmitri Peskov, a également indiqué que cette décision relevait du « droit souverain » de l'Ukraine.