Trois hauts responsables arabes du Golfe affirment avoir été avertis par l’administration de Donald Trump d’une possible reprise des frappes contre l’Iran dès le 4 novembre, selon MS NOW. L’opération envisagée serait brève et intense. Rien ne prouve toutefois qu’un ordre d’attaque ait été donné.
Le scrutin comme ligne de démarcation
Le 3 novembre, les Américains renouvelleront une partie du Congrès. Donald Trump a promis de ne pas attaquer l’Iran avant le vote, sans exclure une nouvelle offensive après cette échéance. D’après les sources de MS NOW, les capitales du Golfe ont été invitées à anticiper une riposte iranienne, notamment contre leurs infrastructures stratégiques.
La Maison Blanche ne confirme aucun calendrier de frappes. Elle se contente de rappeler que Donald Trump conserve toutes les options pour empêcher Téhéran de se doter de l’arme nucléaire. Deux diplomates interrogés par Associated Press indiquent que Washington n’a pas encore arrêté sa décision.
Des alliés du Golfe peu enthousiastes
Les pays concernés cherchent plutôt à calmer le jeu. L’un des responsables interrogés par MS NOW envisage même que certains États refusent l’utilisation de leurs bases pour lancer les frappes. Une campagne présentée comme limitée pourrait rapidement s’étendre si l’Iran répondait en visant des installations pétrolières ou d’autres infrastructures régionales.
Des batteries Patriot supplémentaires sont déployées en Arabie saoudite et au Qatar. Le porte-avions USS Theodore Roosevelt et son groupe aéronaval, avec 9 000 marins et militaires, se dirigent vers le Moyen-Orient. Leur arrivée n’est toutefois prévue que fin novembre, plusieurs semaines après la date évoquée par MS NOW.
Une diplomatie sous la menace des bombes
Doha tente, pendant ce temps, d’éviter de nouvelles frappes. Des médiateurs qataris sont retournés à Téhéran avec un plan de négociation. Le vice-président américain J.D. Vance a lui aussi pris contact avec les autorités iraniennes, par une lettre adressée à Mohsen Rezaei, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale. Ces démarches n’ont pour l’heure débouché sur aucun accord connu.
La perspective d’une nouvelle opération divise aussi les États-Unis. Dans un sondage publié le 8 octobre, Pew Research relève que 65 % des Américains désapprouvent la conduite du conflit iranien par le président Trump. Le sénateur démocrate Chris Murphy assure avoir pris connaissance du plan. Il craint qu’une opération annoncée comme courte ne dégénère. Il a prévenu : « Leur plan est fou. Il mènera à une escalade dévastatrice et, probablement, à la destruction de notre attachement à l’État de droit. »