Wokisme : comment un mouvement louable s'est transformé en idéologie néfaste et moribonde

Wokisme : comment un mouvement louable s'est transformé en idéologie néfaste et moribonde Source: AP
Campus de Sarasota, en Floride, le 28 février 2023. [Photo d'illustration]
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Depuis une quinzaine d’années, principalement via les réseaux sociaux, le wokisme a pris une place de plus en plus importante au sein de ces derniers, puis a étendu son influence à de nombreuses sphères, comme le cinéma ou la politique. Jimmy Lisnard-Panetier a voulu en savoir plus sur les origines de cette idéologie et ses dérives actuelles.

Le wokisme n’est pas né ex nihilo. À son origine, il y a deux mots : « stay woke », expression qui est née dans le milieu afro-américain dans les années 1930-1940. On le retrouve notamment dans certaines chansons de blues de l’époque.

Cela signifie littéralement « reste éveillé », et invite à être attentif aux injustices, aux discriminations et aux dangers sociaux.

À cette époque, pour les Afro-descendants, être « woke », ce n’est pas une posture militante, c’est un acte de survie, dans une Amérique marquée par la ségrégation, les persécutions — avec les lois Jim Crow — et la marginalisation systématique.

Le catalyseur Black Lives Matter

À l’orée des années 2010, la colère sociale est palpable. La crise des subprimes de 2008 a ébranlé la confiance du peuple envers les instances officielles et les inégalités se creusent davantage.

En 2012, la mort de Trayvon Martin, un adolescent afro-américain abattu par un vigile de quartier, va créer une onde de choc. L’année suivante, trois militantes — Alicia Garza, Patrisse Cullors et Opal Tometi — lancent un hashtag devenu fer de lance du wokisme : #BlackLivesMatter. C’est dans ce contexte que le mot « woke » refait surface. D’abord utilisé pour des raisons nobles, son sens va peu à peu dériver.

Avec les réseaux sociaux, le « wokisme » va exploser et très rapidement, les dénonciations deviennent quotidiennes, faisant converger plusieurs combats comme l’homophobie, le racisme, l’écologie, le colonialisme, ce qui va créer finalement plus de chaos que d’harmonie. L’émotion va prendre rapidement le dessus sur la raison.

Naissance de la « cancel-culture »

Les algorithmes n’aidant pas à la mesure, un mouvement aux intentions initiales bienveillantes se transforme en quelques années en une dictature de la bien-pensance et en course aux « points de vertu ».

La justice sociale mute et devient un mécanisme de tri moral. Le réel n’est plus analysé ou nuancé, il est jugé. Et dans cette logique de posture de « pureté sans faille », les conversations publiques se transforment en véritable champ de bataille. Les voix dissonantes sont immédiatement étiquetées comme oppresseurs ou pire, comme fascistes, et si vous ne suivez pas la « mouvance », vous êtes immédiatement exclu de tous les cercles sociaux. Assez ironique pour des gens prônant la tolérance et l’inclusion n’est-ce pas… ?

Et ironiquement, c’est au moment où le mouvement « woke » se radicalise que ce dernier va être exploité par le système médiatique qu’il dénonce plus ou moins directement.

Plusieurs grandes marques y voient une opportunité, et commencent à changer leur image et mettent en avant la diversité et l’inclusion, non pas par bonté d’âme ou par soutien réel à la cause woke, mais pour exploiter sans vergognes les personnes dites « LGBTQUI + »  ou  les afro-descendants dans les campagnes marketing.

L’exemple le plus flagrant reste probablement Disney. Que ce soit au niveau de son personnel, de l’insertion de messages « progressistes » au sein de ses nouvelles productions ou de la réécriture de ses plus grands classiques, tout passe à la moulinette woke.

Les hommes « cis blancs hétéros normés » y sont au mieux ridiculisés et jouent presque systématiquement les « méchants » ou des imbéciles — comme dans Indiana Jones 5 ou la nouvelle saga Star Wars par exemple —, et au pire, ils sont totalement effacés des œuvres pour laisser la place à des héroïnes et princesses « fortes et indépendantes » qui n’ont pas besoin d’hommes pour les aider ou les sauver. Mais n’est-ce pas nos complémentarités qui font notre force ?

Plus de haine que d’amour

À force de se faire marteler sans cesse qu’elle est « mauvaise », une grande partie du public a fini par rejeter presque complètement l’idéologie woke, et toutes les entreprises qui exploitaient cette mouvance ont enchaîné les flops commerciaux — le fameux « go woke, go broke » —.

Ce qui initialement, était un mouvement qui devait bâtir des ponts entre les différentes classes sociales a au final créé des gouffres entre ces dernières.

Et cette polarisation atteindra son paroxysme aux États-Unis le 10 septembre dernier, avec l’assassinat de Charlie Kirk par un militant woke se disant « fatigué de la haine ».

À force de justifier l’injustifiable, certaines personnes comme l’assassin de Charlie, pensent qu’au nom de leur idéologie, qu’ils considèrent comme plus vertueuse que la vertu elle-même, peuvent tuer pour la défendre. Et le pire dans tout cela, c’est que des individus — extrémistes  — défendent ces actes, et arrivent même à en rire…

Tout ceci prouve une fois de plus que l’Homme ne retient pas ses leçons, et que toute idéologie, si vertueuse et bien intentionné soit-elle, peut être dénaturée complètement et vidée de toute sa substance primaire. Ne dit-on pas que l’Enfer est pavé de bonnes intentions ?

Mon but au sein de cet article n’est pas de critiquer le mouvement « woke » en soi, mais les personnes qui en font ce qu’il est aujourd’hui, dans le but de nous diviser encore plus, pour mieux régner.

Alors ne tombons pas dans le panneau, prenons du recul pour voir le tableau dans son ensemble et allons au-delà de nos clivages politiques ou idéologiques. Notre force est ce qui nous rassemble, pas ce qui nous divise. Alors ne soyez pas « woke » mais en revanche, restez éveillés !

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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