Nucléaire, Iran : en jouant au petit soldat, Macron met la France en danger

Nucléaire, Iran : en jouant au petit soldat, Macron met la France en danger
Emmanuel Macron [photo d'illustration générée par l'intelligence artificielle]
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Avec l’agression israélo-américaine sur l’Iran, Macron peut de nouveau jouer au petit soldat, un de ses rôles préférés. Pour Alexandre Regnaud, mise en scène et déclarations tonitruantes sont principalement du vent, mais pas exemptes de menace pour autant. 

Macron adore se prendre pour un chef de guerre. On se souvient de lui, déguisé en pilote de chasse à Istres à peine élu président en 2017, ou avec le sweatshirt des forces spéciales du CPA-10 en mars 2022, juste après le déclenchement de la guerre en Ukraine. Il n’est pas inutile de rappeler que le président français est avant tout un acteur raté, et que Brigitte était sa professeur de théâtre au début de leur relation. Le fait est que Macron adore se mettre en scène, et que son rôle préféré est de jouer au petit soldat. 

Littéralement, puisqu’après la séquence des lunettes Top-Gun, les nouvelles moqueries internationales viennent de la présence sur son bureau d’un petit soldat de plomb lors de sa dernière allocution télévisé sur le Moyen-Orient. Un grenadier de la garde impériale très exactement, le voilà qui se fantasme en Napoléon. Mais Jupiter oublie un peu vite que s’il se prend pour César, on le compare plus souvent à Néron ou à Caligula. 

Lui n’en a cure, et tout au retour de son rôle préféré, continue ses pitreries. L’arrivée sur la base de l’Île Longue, pour son discours sur la dissuasion nucléaire, en constitue un parfait exemple. Macron en jet, escorté par quatre chasseurs Rafales, et un cinquième avion pour filmer le tout. L’image d’un chef de guerre puissant, donc menacé (par qui ? pourquoi ?) et qui montre les muscles. 

L’heure de vol d’un seul Rafale coûtant en moyenne 20 000 euros, je vous laisse calculer le coût de cette inutile mise en scène présidentielle. 

Et tout ça pour quoi ? Pour un discours qui pose plus de questions qu’il n’apporte de réponses. 

Macron annonce deux choses. La première, c’est qu’il va multiplier le nombre de têtes nucléaires de la France (290 actuellement). Il en veut plus, mais déclare que le chiffre restera secret, ce qui est pratique quand on veut faire du bruit sans rien de concret derrière. Car l’augmentation annoncée est aussi inutile qu’inefficace. 

D’abord parce qu’il ne rattrapera jamais les plus de 5 000 têtes possédées respectivement par la Russie et les Ëtats-Unis. Ensuite parce que cela est parfaitement inutile ! 

La doctrine nucléaire française est en effet basée uniquement sur l’ambiguïté stratégique de la dissuasion. Une doctrine dite de la « seconde frappe » ou « deuxième échelon ». C’est-à-dire que la France ne dispose pas des moyens pour attaquer la première, mais uniquement pour répondre à une attaque. C’est l’inévitabilité de cette réponse qui fait qu’on est donc « dissuadé » de l’attaquer en premier. Et dans ce contexte, le nombre de têtes n’a strictement aucune importance, l’arsenal actuellement disponible est parfaitement suffisant. 

Sans compter l’éternelle question : avec quel argent ? Macron n’a déjà pas le budget pour financer ses annonces sur le service militaire perlimpinpin, ni même l’armée française tout court… Comment compte-t-il financer sa nouvelle marotte ? Question que posent d'ailleurs également le Financial Times et le New York Times

Ce qui nous amène à sa seconde annonce. Il veut mettre en place une « dissuasion nucléaire avancée » avec quelques pays européens. C’est-à-dire une imitation de la « présence avancée renforcée » de l'OTAN. En gros, la France (seule puissance nucléaire de l’UE) va stocker certaines de ses têtes nucléaires dans d’autres pays, va faire des exercices avec eux autour de cette nouveauté, mais sera seule à décider de leur utilisation. En résumé, les pays européens vont mettre la main au portefeuille et payer pour la production, le stockage et l’entrainement autour des armes atomiques françaises, mais la France sera seule à décider in fine quoi en faire. 

On a donc soit une arnaque pour les pays en question, soit pour les citoyens français. 

Pourquoi en effet ces pays paieraient-ils alors que la protection française est de fait déjà sous-entendue via les mécanismes de l’OTAN ? L’idée ne semble pas viable. 

A moins qu’il soit déjà prévu, en toute discrétion, de finir à la longue par partager la décision finale d’utilisation avec les pays en question, voire la technocratie européenne, et donc de voir la France dépossédée d’un atout stratégique national majeur et d’une des dernières marques d’une souveraineté déjà bien entamée par Macron. Un fait assimilable à de la trahison. 

Dans la même ligne des décisions couteuses et inutiles, mais faites pour épater la galerie et « en être », l’envoi du porte-avions Charles de Gaulle en Méditerranée. 

L’histoire même de l’annonce est intéressante. Me basant sur les informations disponibles, je reprenais ce fait dans ma dernière analyse sur l’Iran. Cela était démenti le lendemain par le ministère de la Défense, annonçant que finalement le Charles de Gaulle resterait en mer Baltique. Avant d’être de nouveau confirmé par Macron le surlendemain. C’est ce qu’on appelle un cafouillage. Ce qui veut dire qu’il y a eu hésitation, et donc qu’il y avait désaccord. Ici sans doute entre les militaires et la soif de gloriole macronienne. 

En effet, envoyer notre seul groupe aéronaval sur place n’aura aucune influence au vu de l’intensité du conflit. Par contre cela a un coût. Une semaine d’utilisation habituelle du seul porte-avions (sans les cinq à sept autres bâtiments qui l’accompagnent) est déjà évaluée à 2 millions d’euros. Un coût qui augmente en flèche si le bâtiment est effectivement engagé. Et sans présager bien entendu d’éventuels dégâts s’il était pris pour cible en retour. 

Car ce que fait Macron, c’est rapprocher la France d'un engagement en tant que partie prenante dans ce conflit.

Certes le pays est lié par plusieurs accords de défense avec les Émirats arabes unis, le Qatar et le Koweït, et il est normal alors de les honorer. Mais la frontière entre soutien à la défense légitime et agression est plus que floue dans la tête d’occidentaux pour qui le droit international est devenu une serpillère. C’est d’ailleurs précisément en prétextant de leur « défense » que les israélo-américains ont agressé l’Iran, alors que leurs propres services de renseignement affirmaient qu’il n’y avait aucun danger d’attaque. 

Dans ce contexte, on imagine parfaitement un Macron ivre d’égo pousser son rôle de naBoléon (copyright Victor Hugo) trop loin, et embarquer la France dans une guerre perdue d’avance, qui lui est parfaitement étrangère, dont le pays n’a les moyens ni matériels, ni financiers. Mais cette guerre pourrait par contre donner à Macron l’occasion de jouer au petit soldat à la Une des médias complices, voire pourquoi pas, d’invoquer un caractère exceptionnel quelconque pour prolonger son mandat, à la Zelensky, ou d’en briguer un troisième. Dans un système aussi corrompu et malade, tout peut être envisagé. 

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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