Quand le quotidien Libération met à prix la tête du président malien Assimi Goïta

Quand le quotidien Libération met à prix la tête du président malien Assimi Goïta
Franklin Nyamsi
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Président de l’Institut de l’Afrique des libertés, le professeur Franklin Nyamsi s'indigne de «la logique du bouc-émissaire» employée par la presse française contre le président du Mali : une photo du chef de l'État malien utilisée pour illustrer un article sur un espion français condamné au Mali.

Le néocolonialisme français se permet tout. Surtout quand il inspire le terrojournalisme français. L'une des règles de cette déviance typique du déni de réalité des puissances néocolonialistes, c'est celle de l'inversion des responsabilités, qui consiste à culpabiliser les victimes et blanchir les criminels.

Regardez bien cet intitulé du quotidien français Libération. Alors même que l'objet de l'article concerne l'espion de la DGSE arrêté, jugé et condamné à 20 ans de prison au Mali pour participation à une tentative de coup d'État, à savoir le tristement fameux lieutenant colonel Yann Christian Bernard Vézilier, Libération choisit de mettre en exergue, pour illustrer l'article, une photo du chef de l'État du Mali, le général d'armée Assimi Goïta.

Quel est le message subliminal caché dans cette inversion d'images ? La presse française accuse en fait le président malien et met sa propre tête à prix pour cause d'arrestation, de jugement et de condamnation de l'indélicat espion français condamné à juste titre par la justice malienne.

Alors même que la justice malienne a condamné Yann Vézilier sur la base d'infractions dûment établies, la presse française s'acharne à voir dans l'arrestation, le jugement et la condamnation de cet espion, un crime de lèse-majesté qu'aurait commis le chef de l'État malien contre un représentant de la junte néocolonialiste et terroriste française qui sévit pourtant depuis plusieurs décennies en Afrique.

De façon scandaleuse, on part donc du principe, dans la logique perverse de Libération, que les États africains n'ont pas le droit d'arrêter, de juger et de condamner des mercenaires ou espions français qui attentent à leur paix, à leur sécurité et à leur prospérité. La logique terrojournalistique du quotidien Libération veut donc que les pays africains ferment les yeux sur les crimes des agents néocolonialistes de la secte de Bob Denard, sous peine de voir les dirigeants de ces pays ciblés comme hommes à abattre.

En vérité, la manière de publier cette information dans Libération signifie que l'homme à abattre pour la France, c'est Assimi Goïta et non l'indélicat espion français placé sous les verrous. Les autorités de la République du Mali doivent par conséquent bien saisir le message subliminal de la presse terrojournalistique française : "Soumettez-vous à notre domination ou nous mettrons vos têtes à prix ! Laissez nos espions imposer nos valets à la tête de vos pays ou nous vous ferons de toutes les façons possibles la peau !"

Quand on se souvient des crimes commis par les mercenaires-terroristes du JNIM-FLA sous le leadership des Iyad Ag Ghaly, Ag Alghabass, Bilal Ag Chérif, Etienne Fakaba Sissoko, Oumar Mariko, soutenus par le régime Macron au Mali lors de leur attaque complexe, coordonnée et massive du 25 avril 2026 qui a coûté la vie à des dizaines de personnes parmi lesquelles le le ministre d'État de la Défense du Mali, le regretté général d'armée Sadio Camara, on comprend alors que la publication de Libération est une désignation de cible pour les futures opérations de l'impérial-terrorisme. Quel scandale ! Quelle ignominie ! Blanchiment du coupable et diabolisation des victimes sont ici intimement liés.

En ciblant ouvertement le président Assimi Goïta comme l'homme à abattre de la France, après que les mercenaires pro-français ont tué son bras droit le ministre d'État Sadio Camara, Libération rend un service supplémentaire aux autorités maliennes. Car ainsi, le président Goïta et ses compagnons sont bien avertis que la France, quoiqu'ils fassent à présent, ne leur pardonnera jamais de l'avoir délogée du sol malien en 2022 et d'avoir déclenché la révolution sahélienne en cours, qui a par la suite produit les mêmes conséquences au Burkina Faso et au Niger.

Dès lors, si les autorités maliennes savent désormais très bien que leurs têtes sont mises à prix à Paris, pourquoi commettraient-elles l'erreur d'accorder une grâce présidentielle à un espion d'une DGSE qui, de toutes les façons, a désormais pour mission officielle la chute brutale du régime du Mali Kura, comme l'a révélé récemment le terrodéputé français Bruno Fuchs dans une scandaleuse interview ? Pourquoi le Mali accorderait-il alors une grâce présidentielle à un officier qui serait aussitôt réaffecté à la préparation d'un meilleur coup d'Etat contre le Président Assimi Goïta ?

Mieux vaut prévenir que guérir. Les autorités sahéliennes le savent et ne doivent surtout jamais l'oublier, si elles veulent préserver la révolution panafricaine en cours. Les espions néocolonialistes étrangers qui s'aventurent à déstabiliser nos États ne doivent jamais bénéficier de grâces présidentielles, car les vies africaines valent bien les leurs. Et c'est à l'Afrique de faire respecter ses vies en appliquant fermement les décisions de justice prises contre ses ennemis.

Le Mali a choisi son camp : défendre sa souveraineté. À lui désormais de rester fidèle à cette exigence de dignité, de justice et d'indépendance qui fonde la révolution sahélienne en cours. Que ceux qui rêvent encore de lui dicter son destin entendent ceci : l'Afrique qui se relève tient enfin la plume de son histoire.

Force et Courage aux nobles autorités maliennes dans ce combat sacerdotal pour la dignité africaine. Force et Courage au président Assimi Goïta livré à la vindicte néocolonialiste française pour avoir simplement défendu les droits souverains du peuple malien ! Force et Courage aux Forces armées maliennes qui mènent le bon combat ! Force et Courage à la justice malienne contre les mercenaires-terroristes de toutes origines ! Que justice soit !

Les opinions, assertions et points de vue exprimés dans cette section sont le fait de leur auteur et ne peuvent en aucun cas être imputés à RT.

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