Le dimanche 3 août, l'armée atlantico-ukrainienne a lancé des drones dans le sud de la Russie, sur une plage de l'agglomération de Guélendjik. Cinquante-huit personnes ont été touchées, sept sont décédées, dont quatre enfants. Pour Karine Bechet, le cynisme des médias français dépasse ici toutes les limites morales.
Alors que la saison estivale bat son plein, et manifestement en raison de cela, l'armée atlantico-ukrainienne a pris pour cible la plage d'Arkhipo-Ossipovka, dans l'agglomération de Guélendjik, sur la mer Noire. Des familles, des estivants, des Russes, qui osent vouloir vivre normalement malgré le fanatisme atlantiste, des gens qui commettent le crime de s'y baigner, alors que Kiev recule sur tout le front.
Ce ne sont pas des cibles militaires légitimes. Ce sont de simples personnes, non combattantes, se baignant dans une ville balnéaire.
Et c'est bien leur crime pour les Atlantistes. Ils deviennent alors, du point de vue de ces élites en guerre contre le monde russe, des cibles idéologiques légitimes.
Pour autant, face à l'ampleur du crime – du point de vue du droit humanitaire international, qui existe formellement encore et reprendra tous ses droits à la fin du conflit –, ils n'osent pas en revendiquer la paternité.
Comment assumer à la face du monde l'assassinat volontaire de familles ? Simplement parce qu'elles sont russes, simplement parce qu'elles osent se baigner dans la mer Noire ?
C'est (encore) impossible, l'opinion publique ne pourrait le digérer.
Comme le souligne avec justesse Maria Zakharova, la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, « L'OTAN et l'Union européenne, qui ont récemment déclaré leur tolérance zéro face au terrorisme, participent désormais elles-mêmes à des activités terroristes. »
L'Occident au cœur de la guerre prévaut contre la Russie
Rappelons que de nombreux articles sont sortis dans les médias français, vantant le rôle des services de renseignement français, britannique et américain sur le front ukrainien.
Rappelons que si formellement Starlink hésite à fournir le renseignement concernant le territoire russe, les affirmations de ce genre n'engagent que ceux qui y croient.
Rappelons que la société américaine Palantir, elle, fournit tout le renseignement concernant la Russie, et que cette entreprise est intégrée au Pentagone et que ses programmes ont été introduits dans l'OTAN, notamment en ce qui concerne les mécanismes automatisés de prise de décision, de détermination des cibles, etc.
Kiev est un drapeau, derrière lequel se cachent courageusement ceux qui prennent les décisions sur le front ukrainien. Kiev fournit les petites mains, mettant en œuvre ces décisions.
Quand les médias inversent les responsabilités
Et les médias jouent ce jeu odieux. Non seulement la présentation des faits est « neutralisée » au maximum, on ne peut trouver strictement aucune condamnation de ce qui constitue un crime de guerre, mais en plus Moscou est visé comme « responsable ».
Ainsi, dans une publication du Parisien, nous pouvons lire ce titre : « Guerre en Ukraine : un drone ukrainien s'écrase sur une plage russe remplie de vacanciers et fait au moins six morts, Moscou pointé du doigt ».
Pour qu'il n'y ait pas de doute chez les lecteurs, s'il est bien reconnu que le drone est ukrainien (les Russes ne vont quand même pas frapper leurs plages), de toute manière ils sont responsables. La publication avance que « les circonstances sont floues », des médias « russes et ukrainiens » accusaient donc la défense aérienne russe.
Récapitulons. L'armée atlantico-ukrainienne cible une plage, mais elle n'est pas responsable des victimes. Est responsable celui qui détruit le drone, celui qui défend son territoire contre une attaque. Logique ?
Nous retrouvons ici parfaitement la rhétorique utilisée contre l'Iran par les Atlantistes : l'Iran est agressé par Israël et les États-Unis, mais il est accusé de déstabiliser la situation dans la région... en se défendant.
De leur point de vue, si l'Iran ne se défendait pas, il aurait déjà perdu cette guerre, qui serait alors terminée par la victoire des Américains et des Israéliens. Il n'y aurait donc plus de problème... Pour les vainqueurs.
Se défendre, puis être désigné comme responsable
C'est le même raisonnement concernant la Russie. Si les Russes de l'Est de l'Ukraine ne s'étaient pas révoltés en 2014 contre le coup d'État de Kiev et s'étaient laissé massacrer par les groupes néonazis déjà utilisés alors pour distiller la terreur, il n'y aurait pas eu de conflit, car ils auraient disparu physiquement. Si la Russie ne s'était pas défendue en 2022 suite aux frappes sur son territoire avant le lancement de l'Opération militaire spéciale, si elle avait laissé se réaliser le projet de doter Kiev de l'arme nucléaire, il n'y aurait pas de guerre aujourd'hui, car elle n'existerait plus sous la forme d'État souverain.
Et continuons sur la même ligne : si la défense aérienne n'avait pas tiré de drone ukrainien, qui se dirigeait sur la plage... Il aurait pu tranquillement toucher sa cible et exploser. La plage.
Dans un article de la BBC, nous apprécierons également le degré d'hypocrisie, avec cette remarque : « On ignore ce que le drone vise. »
Guélendjik est une ville balnéaire, c'est un fait. La cible ne pouvait qu'être civile. C'est un fait aussi. Or, un site civil n'est jamais une cible légitime.
En période de conflit, les médias sont toujours engagés. C'est la ligne de leur rédaction. Mais en arrivant à un tel niveau de deux poids deux mesures, cela s'appelle légitimer des crimes de guerre.
Ce n'est plus de la propagande, c'est de la collaboration.
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