Armes nucléaires en Finlande ? La diplomatie russe dénonce une décision «infondée» et promet une riposte

Armes nucléaires en Finlande ? La diplomatie russe dénonce une décision «infondée» et promet une riposte Source: Gettyimages.ru
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Depuis le 1er juillet, la législation finlandaise permet l’importation, le stockage et l’utilisation d'armes nucléaires, ce qui a suscité les critiques de Moscou. Maria Zakharova a dénoncé la fin de la neutralité finlandaise et promis des mesures de riposte face à ce pays devenu «un instrument docile» au service de l’OTAN.

En Finlande, des amendements à la loi sur l’énergie nucléaire sont entrés en vigueur le 1er juillet, levant l’interdiction d’importer, de fabriquer, de stocker et d’utiliser des armes nucléaires sur le territoire national. Ces modifications avaient été approuvées par le Parlement finlandais le 17 juin, par 125 voix contre 61, avant d’être validées le 26 juin par le président Alexander Stubb.

L’ambassade de Russie à Helsinki a fait part de ses inquiétudes, estimant que même la possibilité théorique d’une présence d’armes nucléaires sur le territoire finlandais aurait un impact considérable sur la sécurité dans les régions baltique et arctique. Moscou devra en tenir compte, ont prévenu les diplomates russes, tout en précisant qu’aucun signe de création d’une base destinée au déploiement de ces armes n’était, pour l’heure, perceptible.

En Finlande même, la décision suscite également des critiques. Armando Mema, membre du parti national-conservateur finlandais « Alliance pour la liberté », a qualifié la décision du gouvernement d’irresponsable. Sur X, il a estimé que la levée de l’interdiction ne s’expliquait que par la russophobie des autorités finlandaises, affirmant que la Russie ne représentait aucune menace pour la Finlande.

La levée de l’interdiction des armes nucléaires entraînera des mesures de rétorsion supplémentaires de la part de Moscou, affirme Zakharova

L’autorisation d’importer et de stocker des armes nucléaires a été accueillie par un avertissement du ministère russe des Affaires étrangères. « L’abandon par la Finlande, une fois qu’elle a adhéré à l’OTAN, de sa politique mesurée et raisonnable, consistant à ne pas adhérer aux alliances militaires, s’est transformé, littéralement sous nos yeux, en une perspective réelle pour ce pays, autrefois neutre, de devenir un instrument docile au service des ambitions nucléaires du bloc militariste agressif », a déclaré la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova.

Selon elle, la décision du gouvernement finlandais apparaît « encore plus infondée » au regard des déclarations répétées de hauts responsables finlandais affirmant qu’il n’existe aucune menace militaire directe de la part de la Russie contre la Finlande. Maria Zakharova a toutefois averti que la levée de l’interdiction exigerait de Moscou des mesures de riposte supplémentaires, tant sur le plan politique que sur le plan militaro-technique.

La Finlande n’est pas le seul pays européen à revoir sa position sur les armes nucléaires. Le Premier ministre lituanien, Mindaugas Sinkevicius, a également soulevé la question d’une levée de l’interdiction de ces armes. « Je crois que nous devrions supprimer cette interdiction de la Constitution […], étant donné que les Constitutions des pays voisins ne disent rien à ce sujet », a-t-il déclaré.

Depuis plusieurs mois, les déclarations liées à la « dissuasion nucléaire » se multiplient en Europe. Début mars, Emmanuel Macron a notamment annoncé l’entrée de la France dans une phase de « dissuasion nucléaire avancée », accompagnée d’une augmentation du nombre d’ogives et d’une coopération renforcée avec les alliés lors d’exercices conjoints.

Moscou continue, de son côté, de multiplier les avertissements. Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a estimé que les actions des pays de l’OTAN constituaient une grave menace pour la sécurité internationale. Vladimir Poutine a, pour sa part, dénoncé à plusieurs reprises le caractère mensonger des déclarations faisant état d’une prétendue menace russe, affirmant qu’elles servent aux dirigeants de l’OTAN et de l’Union européenne à justifier l’augmentation de leurs budgets militaires.

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