Athlétisme : la Fédération russe saisit le TAS pour contester le maintien de l’exclusion de ses athlètes des compétitions internationales
Source: Gettyimages.ruLa Fédération russe d’athlétisme a saisi le Tribunal arbitral du sport pour contester le maintien de l’exclusion de ses athlètes des compétitions internationales. Son directeur exécutif, Boris Iarychevsky, dénonce une mesure discriminatoire et estime que leur retour ne devrait pas dépendre de considérations politiques liées au conflit en Ukraine.
La Fédération russe d’athlétisme a saisi le Tribunal arbitral du sport pour contester la décision de maintenir ses sportifs à l’écart des compétitions internationales. L’annonce a été faite le 23 juillet 2026 à Ekaterinbourg par son directeur exécutif, Boris Iarychevsky.
Selon ce dernier, ce recours est devenu nécessaire après l’échec des discussions engagées avec l’instance internationale. La fédération russe négocie depuis le début de l’année 2025 afin d’obtenir la réintégration de ses athlètes, mais estime que ces échanges n’ont pas permis d’aboutir.
Le principal point de désaccord concerne la condition posée pour leur retour. D’après la Fédération russe d’athlétisme, celui-ci dépendrait de la conclusion d’un accord de paix entre la Russie et l’Ukraine acceptable pour l’ensemble de la communauté internationale.
« À notre avis, cela est absolument discriminatoire et n’a aucun rapport avec le sport », a déclaré Boris Iarychevsky.
Le responsable russe estime également que cette exigence ne respecte pas la Charte olympique. Selon lui, les sportifs doivent pouvoir concourir indépendamment des circonstances politiques ou sociales auxquelles ils sont confrontés.
La fédération avait renforcé ses démarches après les premières recommandations du Comité international olympique en faveur d’un retour progressif des athlètes russes. L’instance internationale de l’athlétisme a néanmoins maintenu leur exclusion, ainsi que celle des sportifs biélorusses. Boris Iarychevsky affirme pourtant que plusieurs membres de son conseil et certaines fédérations nationales soutiennent leur réintégration.
Deux procédures distinctes
Le premier recours vise à permettre aux athlètes russes de retrouver les compétitions internationales. « Nous ne pouvions pas choisir une autre voie que celle de contester cette décision », a expliqué Boris Iarychevsky. La fédération est accompagnée dans cette procédure par une équipe juridique spécialisée.
Parallèlement, elle demande également le rétablissement complet de ses droits au sein de l’instance internationale. Au-delà de l’exclusion des sportifs, elle affirme être soumise à plusieurs restrictions institutionnelles.
Elle ne peut actuellement ni participer aux comités de l’organisation ni voter lors de ses réunions. Ses entraîneurs ne sont pas autorisés à assister à certaines conférences professionnelles, tandis que ses juges ne peuvent pas suivre les formations nécessaires à leur perfectionnement.
Boris Iarychevsky a qualifié ces mesures d’« injustifiées » et de « discriminatoires ». La fédération attend désormais une réponse officielle à ses demandes. Si la situation reste inchangée, elle pourrait engager une deuxième procédure afin de défendre son statut de membre à part entière.
Des conséquences pour les jeunes athlètes
Le maintien de l’exclusion touche également les nouvelles générations. Aucun quota de participation n’a été attribué aux athlètes russes pour les Jeux olympiques de la jeunesse, prévus du 31 octobre au 13 novembre 2026 à Dakar, au Sénégal.
Alors que l’accès aux compétitions internationales reste fermé, la saison nationale se poursuit en Russie. Environ 800 sportifs venus de presque toutes les régions du pays participent au Championnat de Russie d’athlétisme.
Boris Iarychevsky a présenté cette compétition comme un rendez-vous majeur pour démontrer le niveau des athlètes du pays et leur capacité à rivaliser sur les podiums internationaux.
Cette position contraste avec l’évolution observée dans une partie du mouvement sportif international. Le Comité international olympique s’est prononcé en faveur d’un retour progressif des athlètes russes, tandis que plusieurs fédérations sportives ont déjà autorisé leur réintégration, sous différentes conditions. L’athlétisme reste ainsi l’une des disciplines où les restrictions demeurent les plus strictes.
La fédération russe entend donc poursuivre ses démarches juridiques et institutionnelles. Sa position reste claire : l’accès aux compétitions internationales doit, selon elle, être fondé sur les performances sportives et non sur des considérations politiques extérieures au sport.