La guerre israélo-américaine contre l’Iran suscite des inquiétudes économiques en Afrique
© Vahid Salemi Source: APLes frappes menées par les États-Unis et Israël contre l'Iran, suivies de ripostes iraniennes dans la région, suscitent des réactions croissantes en Afrique. Si plusieurs gouvernements appellent à la retenue, de nombreux citoyens redoutent surtout les conséquences économiques d’une crise susceptible d’affecter les marchés de l’énergie.
La guerre au Moyen-Orient commence à susciter des réactions dans plusieurs pays africains, alors que l’escalade militaire impliquant les États-Unis, Israël et l'Iran alimente les craintes d’un impact économique mondial.
Dans plusieurs capitales du continent, les autorités ont appelé à la désescalade et à la retenue. Mais au-delà des déclarations officielles, les populations s’inquiètent surtout des répercussions potentielles sur les prix de l’énergie, l’inflation et la stabilité économique.
Au Maroc, condamnation officielle et inquiétudes économiques
Au Maroc, le roi Mohammed VI a qualifié les attaques d’« abjectes », estimant qu’elles portaient atteinte à la sécurité et à l’intégrité territoriale des États arabes.
Dans la société marocaine, cependant, l’attention se concentre largement sur les effets économiques possibles du conflit. « Je pense que cette inquiétude est principalement liée à la situation économique », explique Mustapha Abouzir, fonctionnaire de 38 ans. « En tant que nation, nous sommes beaucoup plus affectés par ce qui se passe au niveau régional que par ce qui se passe à l’intérieur du pays. »
En Algérie, appels au calme et opinions partagées
En Algérie, les autorités ont appelé à un cessez-le-feu immédiat et exhorté les parties impliquées à privilégier la voie diplomatique. Dans les rues d’Alger, les réactions sont cependant contrastées. Certains habitants expriment une certaine solidarité envers la position iranienne face à l’influence américaine, tandis que d’autres redoutent une extension du conflit.
« Cette guerre est une guerre d’intérêts », estime Salim Hamdi, styliste de 26 ans. « L’Iran poursuit ses intérêts, Israël les siens, les Émirats arabes unis aussi, et les États-Unis également. Chacun défend ses propres intérêts. »
En Tunisie, la crainte d’une hausse des prix
En Tunisie, l’attention se porte surtout sur l’évolution des prix. Certains commerçants craignent qu’une aggravation des tensions ne fasse grimper le coût de l’énergie, des denrées alimentaires ou encore des métaux précieux, dans un contexte économique déjà fragile.
Sur le plan régional, la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) a exprimé sa vive préoccupation face à l’escalade. L’organisation a averti qu’une perturbation prolongée dans le golfe Persique pourrait menacer l’approvisionnement mondial en pétrole et en gaz.
Une telle situation risquerait de provoquer une nouvelle flambée des prix de l’énergie et d’aggraver les tensions économiques dans de nombreux pays africains fortement dépendants des importations énergétiques.