Ceuta : «Nous ne voulons pas retourner au Maroc», des centaines de migrants manifestent pour demander le droit d’asile
© Adri Salido Source: Gettyimages.ruDes migrants ont organisé une manifestation spontanée dans un camp de fortune sur une plage de Ceuta pour réclamer le droit à l'asile. Le mouvement a été encouragé par des ONG et des sympathisants à leur cause.
L'enclave espagnole de Ceuta, au nord du Maroc, a été le théâtre d'une manifestation, organisée le 16 août, par environ 200 migrants, selon les médias espagnols. Réunis sur une plage de la ville, où un camp de fortune, baptisé El Trampolin, avait été installé, ils réclamaient le droit d'asile aux autorités en brandissant des drapeaux espagnols et en arborant des pancartes avec des inscriptions telles que : « Nous ne voulons pas retourner au Maroc » ou « Nous sommes des êtres humains, nous aussi ». D'autres slogans comme « Nous en avons assez » ou « Il nous faut une solution » ont aussi été scandés par les migrants, selon Reuters.
🇪🇸🇲🇦 Illegal migrants in Ceuta are protesting for the right to stay despite entering the city in the most offensive way 2 weeks ago.
— Mario Nawfal (@MarioNawfal) August 17, 2026
Their sense of entitlement is insane.
Spain is cooked.
Source: RT News / Writer: Mhedi pic.twitter.com/yCgb2BoBXE
La position du gouvernement espagnol demeure inchangée sur cette question. Le ministre de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, avait déclaré la semaine dernière que les migrants entrés irrégulièrement n'auraient pas l'autorisation de rester dans l'enclave, ni celle de se rendre en Espagne continentale, excluant l'octroi d'un statut légal, sauf pour les rares cas d'extrême vulnérabilité.
« Je préférerais mourir plutôt que de rentrer »
Cité par la chaîne espagnole RTVE, Mohammed Ouanzar, un spécialiste en automatisation de 39 ans originaire de la ville marocaine de Fès, a déclaré : « Je préférerais mourir plutôt que de rentrer », expliquant qu'avec un salaire mensuel moyen de 3 000 dirhams (environ 325 dollars), il est impossible pour lui d'acquérir une maison ou de fonder une famille. Il a ajouté que « dès que j'ai posé le pied en Espagne, j'ai eu l'impression de renaître ».
Hundreds of migrants who recently entered Ceuta illegally are protesting on the beach, asking Spain for asylum instead of being returned to Morocco. They claim they are living in poor conditions and are barred from the city centre. Boo fucking hoo. Maybe try not entering a… pic.twitter.com/wl4MJYWfLr
— Ruben Cober | Essential Europe (@RubenCober) August 16, 2026
Pour Emmanuel, un Nigérian de 30 ans, la situation est encore plus dramatique. Fuyant le conflit au nord-est de son pays, il a traversé le Niger, l'Algérie et le Maroc dans l'espoir d'une meilleure vie, au point que ses enfants avaient arrêté d'aller à l'école par peur des enlèvements.
Manifestation encouragée par des ONG
Des témoins de la manifestation, rassemblés par l'agence de presse espagnole EFE, ont affirmé que des organisations non gouvernementales et certains groupes d'activistes avaient apporté leur aide aux migrants dans leur campement précaire. Certains témoignages ont indiqué que ces sympathisants avaient aidé plusieurs migrants à rédiger les pancartes brandies lors de la manifestation, en plus de les applaudir en signe de soutien à leur cause.
Le rassemblement de migrants a été organisé de manière spontanée, cependant, sans appel à l'action d'aucune partie. Les migrants espèrent rendre visibles leurs principales revendications et se faire entendre par les autorités pour qu'elles leur accordent le droit d'asile.
🇪🇸 Thousands of illegal migrants in the Spanish enclave of Ceuta are holding mass protests demanding asylum and to be sent to mainland Europe. pic.twitter.com/HoAy8Jlt8N
— Visegrád 24 (@visegrad24) August 17, 2026
Pour rappel, entre 5 000 et 8 000 migrants se trouvent actuellement dans l'enclave de Ceuta après la vague massive de migrants qui ont traversé la frontière les 30 et 31 juillet derniers, impliquant plus de 72 000 personnes dont la plupart sont rentrées volontairement au Maroc dans les jours suivants.