Burkina Faso : la cybercriminalité a causé plus de 9 milliards de francs CFA de pertes entre 2020 et 2025
© Burkina 24Face aux escroqueries en ligne, aux usurpations d’identité et aux nouvelles formes de fraude numérique, les autorités burkinabè insistent sur l’importance de la sensibilisation et de la prévention, à l’occasion de la deuxième édition de la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité.
La cybercriminalité au Burkina Faso a causé un préjudice financier de plus de 9 milliards de francs CFA (près de 15,4 millions de dollars américains) entre 2020 et 2025. Ce bilan a été présenté par la Brigade centrale de lutte contre la cybercriminalité (BCLCC), le 23 octobre à Ouagadougou, lors d’un point de presse consacré à la deuxième édition de la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité (SNLC), prévue du 26 au 30 octobre 2026, selon la presse burkinabè.
Les principales infractions recensées par les autorités comprennent les cyberescroqueries, le chantage à la vidéo, les atteintes aux systèmes informatiques, à la vie privée et à la réputation, ainsi que la diffusion de contenus illicites et de fausses informations dans le cyberespace burkinabè.
Cité par Burkina 24, le commandant de la BCLCC, le commissaire principal de police Bayi Akim Nignan, a souligné la gravité des phénomènes d’usurpation d’identité d’institutions publiques et d’utilisation abusive de leurs logos et signes distinctifs à des fins malveillantes. Ces pratiques peuvent, selon lui, compromettre la confiance des citoyens dans l’action publique.
Cyberescroqueries et nouvelles formes de fraude
Parmi les autres terrains propices à la prolifération de la cybercriminalité figurent les cryptomonnaies, les plateformes d’investissement en ligne et les paris numériques, qui donnent lieu à de nouvelles formes d’escroquerie financière et de blanchiment de capitaux. Bayi Akim Nignan a également indiqué que les fraudes liées au mobile money, aux services bancaires mobiles et au commerce en ligne exposent les utilisateurs à des pertes financières, suscitant la méfiance envers les services numériques.
Dans la lutte contre la cybercriminalité, la sensibilisation constitue un levier essentiel. Bayi Akim Nignan a mis en garde contre des comportements en apparence anodins, mais susceptibles d’entraîner des poursuites pénales. « On clique sur un lien, on le partage, on le commente et l’infraction est commise », a-t-il déclaré, appelant à une utilisation éthique des réseaux sociaux et du numérique en général.
C’est dans cette perspective de prévention que s’inscrit la deuxième édition de la Semaine nationale de lutte contre la cybercriminalité, placée sous le thème « Cybercriminalité et menaces numériques émergentes : du clic au crime ». Son programme prévoit une série de panels, un forum, des caravanes de sensibilisation, des journées portes ouvertes, un tournoi de maracana, une « Nuit des acteurs » et un hackathon consacré aux investigations numériques.