Le Tchad sollicite l’expertise de la Russie pour renforcer la lutte contre le terrorisme

Face à la menace terroriste dans le bassin du lac Tchad, N’Djamena voit en la Russie un partenaire pour les efforts régionaux contre Boko Haram. Son ministre des Affaires étrangères met en avant l’expérience de Moscou et souhaite aussi développer la coopération dans l’agriculture, les infrastructures et les nouvelles technologies.
Le ministre tchadien des Affaires étrangères, Ahmed Kogri, a exprimé la volonté de son pays de bénéficier du soutien de la Russie dans la lutte contre le terrorisme. Lors d’un entretien, il a appelé Moscou à prendre part aux partenariats régionaux engagés contre le groupe terroriste Boko Haram, notamment dans la région du lac Tchad et au Sahel.
« Nous avons besoin que la Russie rejoigne les partenariats régionaux pour lutter contre Boko Haram dans la région du lac Tchad et même au Sahel », a déclaré le chef de la diplomatie tchadienne.
Le ministre a mis en avant l’expérience de la Russie dans la lutte antiterroriste, soulignant l’intérêt de son pays pour une coopération dans ce domaine. Il s’est également dit convaincu que les efforts conjoints de Moscou et des partenaires régionaux pourraient permettre de venir à bout du terrorisme.
La lutte contre Boko Haram, un enjeu sécuritaire majeur
La demande tchadienne intervient dans un contexte de menaces terroristes persistantes, particulièrement dans la région du lac Tchad, aux frontières du Nigeria, du Niger et du Cameroun.
Boko Haram mène régulièrement des attaques contre les forces armées tchadiennes et nigérianes. En 2025, le pays a également connu plusieurs incidents sécuritaires. En janvier, des hommes armés ont ouvert le feu près du palais présidentiel à N’Djamena, alors que le chef de l’État se trouvait dans sa résidence. En mai, le Conseil des ministres tchadien a décrété l’état d’urgence dans la province du Lac, dans l’ouest du pays, après une attaque contre une base militaire.
Présent depuis plusieurs années dans la région, Boko Haram a prêté allégeance à l’organisation terroriste État islamique en mars 2015, avant d’adopter le nom de Province de l’État islamique en Afrique de l’Ouest. Une scission est ensuite intervenue, donnant lieu à deux organisations distinctes, Boko Haram et l’ISWAP, toujours actives dans la région.
Au-delà de la sécurité, le pari économique
Au-delà de la lutte antiterroriste, N’Djamena souhaite approfondir ses relations avec la Russie sur le plan économique. Ahmed Kogri a notamment exprimé l’intérêt de son pays pour une coopération avec Moscou dans le secteur agricole.
Le chef de la diplomatie tchadienne a également affirmé que le Tchad était ouvert aux investissements russes dans les infrastructures ainsi qu’au transfert de nouvelles technologies. Les autorités tchadiennes envisagent ainsi une coopération avec Moscou qui ne se limiterait pas à la sécurité, mais pourrait également accompagner le développement économique du pays.