SNCF et wagons «no kids» : le débat explosif sur la place des enfants dans l’espace public

SNCF et wagons «no kids» : le débat explosif sur la place des enfants dans l’espace public© Getty Images
Intérieur d'un train SNCF. [Photo d'illustration]
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La SNCF a créé une classe «no kids» dans certains trains, déclenchant une vive polémique politique. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, y voit un message dangereux dans un contexte de déclin démographique. Sans intervenir, le gouvernement pointe un débat plus large sur la place des enfants dans la société.

La SNCF a relancé un débat de société sensible en annonçant la création d’espaces « no kids » dans certains trains. En cause : la nouvelle classe Optimum Plus, présentée le 8 janvier, appelée à remplacer la Business Première sur la ligne Paris-Lyon. Pensée comme une offre haut de gamme, elle promet un environnement plus spacieux, un nombre réduit de passagers et surtout un « espace calme », avec une règle qui a fait bondir : l’interdiction des enfants de moins de 12 ans.

Pour l’entreprise ferroviaire, il s’agit d’un simple positionnement commercial visant une clientèle en quête de tranquillité, notamment pour le travail. Mais cette décision a rapidement dépassé le cadre du confort à bord pour devenir un symbole.

Le gouvernement au secours des enfants ?

La polémique a pris une dimension politique lorsque la porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a dénoncé le 25 janvier publiquement un message jugé inquiétant. Selon elle, suggérer que les enfants puissent être une nuisance revient à marginaliser ceux qui incarnent l’avenir de la société.

Au-delà du train, la critique vise une tendance plus large. La porte-parole du gouvernement a pointé la multiplication d’espaces ou d’établissements excluant les enfants, y voyant un signal négatif envoyé aux familles, dans un contexte de chute de la natalité en France. À ses yeux, cette logique entre en contradiction frontale avec les discours publics appelant à enrayer le déclin démographique. Le malaise serait donc moins lié à la SNCF qu’à une évolution culturelle, où la présence des enfants devient de moins en moins tolérée.

Pour autant, l’exécutif se garde d’intervenir. Maud Bregeon a rappelé que l’État n’a pas vocation à dicter les stratégies commerciales des entreprises, reconnaissant leur liberté de choix dans une économie de marché. Reste que la controverse révèle une fracture : entre une demande croissante de calme et d’individualisation des services, et une interrogation collective sur la place accordée aux enfants dans l’espace public. Un débat qui, manifestement, ne fait que commencer.

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