France : l’Assemblée nationale vote à nouveau la nationalisation d’ArcelorMittal

France : l’Assemblée nationale vote à nouveau la nationalisation d’ArcelorMittal© Umit Donmez/Anadolu Source: Gettyimages.ru
Des salariés d'ArcelorMittal, accompagnés de militants syndicaux et de personnalités politiques, participent à une manifestation organisée près de l'Assemblée nationale, aux Invalides, le 11 juin 2026.
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L’Assemblée nationale a approuvé, par 106 voix contre 49, la nationalisation des activités françaises d’ArcelorMittal. Portée par la gauche, cette proposition de loi se heurte à l’opposition du gouvernement et du Sénat, rendant son aboutissement improbable malgré le soutien des salariés.

Les députés ont donné leur feu vert à la nationalisation des sites français du géant de l’acier, pour la seconde fois, après un premier vote en novembre 2025. Ce vote intervient dans le cadre de la niche parlementaire du groupe GDR (communistes et ultramarins) et marque une répétition du scrutin de novembre 2025, déjà rejeté au Sénat en février.

Un symbole de souveraineté industrielle pour la gauche, une « fausse solution » pour l’exécutif

Le texte, défendu notamment par les députés communistes Nicolas Sansu et Aurélie Trouvé (LFI), vise à préserver la production sidérurgique française, en chute d’un tiers en dix ans, et à accélérer la décarbonation des sites de Dunkerque et de Fos-sur-Mer.

Chiffrée entre 3 et 6 milliards d’euros, la mesure permettrait, selon ses promoteurs, de contrer la stratégie de Lakshmi Mittal, accusé de privilégier ses intérêts hors d’Europe malgré les aides publiques massives reçues. « Nationaliser est une nécessité économique, sociale et écologique », a insisté Edouard Bénard (PCF). Il y a un an, un peu plus de 600 personnes avaient été licenciées par l’entreprise.

Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, présente avec des salariés devant l’Assemblée, a appelé le gouvernement à « respecter ce vote et engager le processus de nationalisation ».

Le gouvernement, par la voix du ministre délégué à l’Industrie Sébastien Martin, reste fermement opposé au projet. Il privilégie les outils européens, comme la taxe carbone aux frontières et les clauses de sauvegarde sur l’acier, jugeant la nationalisation comme « une illusion de la protection ». ArcelorMittal a réagi en qualifiant l’idée de « fausse solution », rappelant ses investissements récents en France.

Le RN s’est abstenu, embarrassé, tout en proposant une « golden share » (action spécifique) que la majorité a balayée.

Sur X, les réactions ont fusé. Clémence Guetté (LFI) a salué une « VICTOIRE ! » pour « les travailleurs » et « la souveraineté de la France ».

À l’inverse, des voix critiques pointent le caractère symbolique d’un texte sans avenir législatif immédiat. Ce bras de fer intervient dans un contexte de tensions autour de la désindustrialisation. La proposition repartira au Sénat, avec peu de chances d’aboutir avant l’élection présidentielle de 2027. Elle illustre néanmoins le clivage persistant entre une gauche qui voit dans l’intervention de l’État un levier de souveraineté et un exécutif qui mise sur la régulation européenne et les investissements privés.

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