L’exécutif soutient l’interdiction d’un concert de LFI pour la Fête de la musique

L’exécutif soutient l’interdiction d’un concert de LFI pour la Fête de la musique© Adnan Farzat/NurPhoto Source: Gettyimages.ru
Pancarte de soutien à Jean-Luc Melenchon lors d'un rassemblement de LFI à Saint-Denis, le 7 juin 2026
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La préfecture de police de Paris a interdit le concert «antiraciste» organisé par La France insoumise dimanche 21 juin place de la République, invoquant des risques de troubles à l’ordre public. LFI dénonce une «censure» politique et a saisi la justice.

L’interdiction prononcée par le préfet de police de Paris d’un événement festif et politique de La France insoumise, dans le cadre de la Fête de la musique, a immédiatement provoqué une vive polémique à quelques mois de l’élection présidentielle.

 

« Un scandale démocratique »

 

Jean-Luc Mélenchon a vivement réagi sur X : « Pourtant prévenu depuis le mois d’avril, le préfet de Police de Paris vient de prononcer un arrêté d’interdiction du concert gratuit des insoumis, place de la République », dénonçant « un scandale démocratique grave en période électorale ». Le leader insoumis accuse le préfet d’avoir agi « à la demande du président du Crif Yonathan Arfi et du maire PS de l’arrondissement Paris Centre ».

L’arrêté du préfet Patrice Faure met en avant un « contexte politique très polarisé » à l’approche de la présidentielle. Il évoque le risque d’attirer « un public particulièrement hostile aux forces de l’ordre » et la possible diffusion de propos appelant à la haine ou à la violence.

Sont notamment cités le Comité Adama et Assa Traoré, ainsi que les rappeurs Médine et Soso Maness, bien que LFI affirme que ces derniers ne figuraient pas au programme.

L’ancienne ministre écologiste Cécile Duflot a tenu à dénoncer cette annulation en évoquant des artistes cités qui ne seraient en réalité pas là et estimant qu’il y a ici « une remise en cause de l’histoire de l’art » et de la France.

Manuel Bompard, coordinateur national du mouvement, a lui qualifié l’arrêté de « diffamatoire et mensonger » et LFI a déposé un recours en référé.

Le président du lobby communautaire Crif, Yonathan Arfi, très hostile à La France Insoumise qu’il a déjà qualifié de « danger existentiel pour les juifs français » a naturellement crié à l’antisémitisme et au complotisme.

La porte-parole du gouvernement Maud Bregeon a de son côté défendu la décision de la préfecture. La majorité et une partie de la gauche traditionnelle soutiennent l’interdiction.

Plusieurs personnalités politiques d’origine juive se sont mobilisées contre le concert à commencer par la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet qui avait plaidé pour ne pas « politiser » la Fête de la musique, qui « doit nous rassembler, pas nous segmenter ». Ariel Weil, maire PS de Paris Centre, y voyait un « projet irresponsable » de récupération politique.

La France Insoumise de son côté rappelle avoir organisé sans incident un événement similaire l’année précédente près du canal Saint-Martin.

Cette affaire illustre les fortes tensions autour de la campagne présidentielle et les débats sur la liberté de manifester et de s’exprimer dans l’espace public. Elle montre aussi les contradictions de LFI qui pousse à l’interdiction d’évènement de ses adversaires politiques comme celle du 9 mai à Paris ou celles organisées en hommage au jeune militant Quentin Deranque, assassiné par des militants proche des Insoumis.

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