La France face à ses pires incendies depuis 1945, Macron sans réponse adéquate
© Getty ImagesEmmanuel Macron s'est rendu à Fontainebleau, où près de 2 000 hectares ont été détruits par les flammes. La France a déjà enregistré 11 000 incendies et 35 000 hectares brûlés, un niveau supérieur à toute l'année 2025. Le chef de l'État promet une fermeté totale contre les incendiaires et annonce de nouveaux moyens pour lutter contre les feux.
En déplacement à Fontainebleau le 16 juillet, Emmanuel Macron a salué le travail des secours face à des incendies qu'il a qualifiés de plus graves connus en France « depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ». Devant les pompiers, les forces de l'ordre et les élus mobilisés, le chef de l'État a estimé que leur action avait permis « d'éviter le pire » et surtout de ne déplorer aucune victime, malgré l'ampleur exceptionnelle du sinistre.
Depuis quatre jours, près de 2 000 hectares de la forêt de Fontainebleau, classée réserve de biosphère par l'Unesco, ont été ravagés par les flammes. Le feu est désormais fixé, mais reste sous surveillance. En raison des sols sablonneux et riches en tourbe, les secours doivent traiter chaque souche et retourner la terre afin d'empêcher toute reprise, un travail minutieux qui pourrait durer encore deux à trois semaines.
Près de 950 sapeurs-pompiers restent mobilisés, épaulés par un Dash, plusieurs hélicoptères bombardiers d'eau et bientôt 120 militaires du génie. La réouverture de l'autoroute A6, fermée en raison de l'incendie, pourrait intervenir dès le 17 juillet, si les réparations des infrastructures endommagées sont achevées.
Faiblesse de la réponse
Le directeur général de la Sécurité civile, Julien Marion, a dressé un constat préoccupant : avec près de 11 000 départs de feu et 35 000 hectares déjà détruits depuis le début de l'année, la surface brûlée dépasse déjà celle enregistrée sur l'ensemble de la saison 2025. Chaque jour, entre 250 et 300 incendies sont gérés simultanément en France, tandis qu'un risque « extrême » est désormais redouté dans le Var.
Face à cette situation, Emmanuel Macron a promis qu'il n'y aurait « aucune tolérance » envers les incendiaires, estimant que « c'est notre territoire national qui est attaqué chaque fois qu'un feu se déclenche ».
Le président a également répondu aux critiques sur les moyens aériens de lutte contre les incendies. Alors que l'opposition l'accuse d'avoir réduit les capacités de la Sécurité civile, il a rappelé avoir relancé, avec le soutien de l'Union européenne, la production de nouveaux Canadair.
Il a aussi annoncé l'expérimentation prochaine de l'Airbus A400M équipé d'un kit capable de larguer jusqu'à 20 tonnes d'eau, soit l'équivalent de trois Canadair. Enfin, un guichet unique sera créé pour recueillir des dons destinés à restaurer et replanter la forêt de Fontainebleau.