Roulette russe dans une maternelle à Nice : sous le coup d'une OQTF, l’agresseuse était fichée pour radicalisation islamiste
© Jean-Patrick DEYA/Gamma-Rapho Source: Gettyimages.ruAu lendemain de l’agression d’une directrice et d’une institutrice, dans une école maternelle à Nice, par une mère de famille, le profil de celle-ci s’est précisé. Condamnée à deux reprises pour violences avec armes, la Tunisienne de 36 ans, qui a déjà fait l’objet d’une expulsion, aurait aussi été fichée pour radicalisation.
La mère de famille qui a menacé la directrice et une enseignante de l’école maternelle à Nice est « en situation administrative sur le territoire français irrégulière », a déclaré le 3 novembre à l’Assemblée nationale le ministre français de l’Intérieur Laurent Nuñez lors des questions au gouvernement.
« Cette mesure a été renouvelée de manière constante », a-t-il poursuivi, estimant que « le nécessaire avait été fait » à l’égard de la femme interdite de territoire « depuis 2019 », « reconduite en Tunisie » et qui a été « ré-interpellée en France en 2023 ». « Elle pointe au commissariat régulièrement », a ajouté le ministre, évoquant une « assignation à résidence » qui selon lui « est respectée ». L’ancien préfet de police a par ailleurs souligné qu’elle « bénéficie d’un certain nombre de protections, puisqu’elle est parent d’un enfant français » et a « obtenu l’asile en 2022 en Italie ».
Le 2 novembre, l’aide-soignante de 36 ans s’est rendue à l’école maternelle Clément-Roassal, où ses deux enfants sont scolarisés. Après s’être fait conduire au bureau de la directrice sous prétexte d’un entretien en urgence, elle l’aurait menacée d’une arme de poing et d’une arme blanche, faisant état d’agressions sexuelles dont l’un de ses enfants aurait été victime.
Deux OQTF, après deux condamnations pour violences avec armes
Son arme à feu posée « sur le crâne de l’enseignante », elle aurait alors actionné à deux reprises le percuteur, après avoir affirmé « n’avoir que deux balles », a relaté le parquet dans un communiqué. « Elle aurait ensuite placé un couteau sous la gorge de la directrice, exigeant que l’institutrice soit appelée », a notamment détaillé Nice-Matin. Institutrice qui aurait été à son tour menacée, à son arrivée, « sans nouvelle percussion », d’après le média local.
L’agresseuse a été interpellée, une fois sortie de l’établissement, et placée en garde à vue. Le parquet de Nice a ouvert une enquête pour tentative de meurtre sur une personne chargée d’une mission de service public. D’après Nice-Matin, la mère de famille a elle-même été victime d’une tentative de meurtre « dans une affaire mettant en cause son ancien conjoint » qui a été « incarcéré dans le cadre de cette procédure ».
De son côté, Le Parisien a rapporté que l’institutrice aurait aussi été soumise au jeu de la roulette russe, avec l’arme qui – a précisé le ministre – s’avérait « factice ». Arme dont le canon, selon le témoignage de la directrice, était « froid », a indiqué Nice-Matin.
Toujours selon Le Parisien, l’intéressée, qui affirme avoir la double nationalité tunisienne et italienne, avait fait l’objet d’un signalement en 2019, qui lui a valu d’être inscrite au fichier de traitement des signalements pour la prévention de la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT) – créé par décret en 2015 après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher –, soit la même année où elle s’était vue gratifiée de sa « première » obligation de quitter le territoire français (OQTF). Une deuxième OQTF l’aurait visée en 2023, après une deuxième condamnation pour violences avec armes.