Les raids israéliens étendus au Liban malgré la trêve, de Saïda à la Békaa
© Getty ImagesIsraël a mené de vastes frappes au Liban, touchant Saïda, le Liban-Sud et la Békaa, avec des blessés et d’importants dégâts. L’armée israélienne affirme viser des infrastructures du Hezbollah et du Hamas, parfois après des avis d’évacuation. Ces raids se poursuivent malgré la trêve, ravivant les tensions et l’insécurité dans le pays.
Des avions de chasse israéliens ont bombardé, dans la nuit du 5 au 6 janvier vers 1 heure du matin, un immeuble de trois étages dans la cité industrielle de Siniq, au sud de Saïda, près de l’hôpital Rahi. Le bâtiment a été entièrement détruit et d’importants dégâts ont touché des magasins, des immeubles voisins, des véhicules et des câbles électriques.
Deux ouvriers ont été blessés. Ces frappes nocturnes interviennent après une série de raids menés la veille, notamment vers 21 heures dans le secteur de Daliyé, à Saksakiyé, où cinq missiles ont été tirés sans faire de victimes, mais avec des dégâts matériels notables.
Israël accentue la pression sur le gouvernement libanais
Plus tôt dans la journée, l’armée israélienne avait mené des frappes coordonnées dans la Békaa et au Liban-Sud, environ une heure et demie après avoir émis des avis d’évacuation. Selon son porte-parole arabophone Avichay Adraee, ces attaques visaient des « cibles appartenant aux organisations terroristes Hezbollah et Hamas ». Dans la Békaa-Ouest, quatre frappes ont touché Aïn el-Tiné, puis Manara, où la maison visée appartenait à Charhabil al-Sayyed, responsable du Hamas dans la région, tué lors d’un bombardement en mai 2024.
Les raids se sont ensuite déplacés vers le Sud, avec des frappes à Anane (Jezzine) et à Kfar Hata, près de Saïda, où cinq missiles ont été tirés. Les explosions ont été entendues jusqu’à Saïda, provoquant un climat de panique parmi les habitants. Plusieurs axes routiers ont été fermés par mesure de sécurité. C’est la première fois que des avis d’évacuation israéliens mentionnent explicitement des infrastructures du Hamas au Liban.
Parallèlement, une frappe de drone sur une camionnette à Breiké a fait deux blessés, tandis qu’un raid nocturne près de Khiam n’a pas causé de victimes. Ces attaques font suite à une incursion israélienne près de Meis el-Jabal, qui a entraîné un déploiement conjoint de l’armée libanaise et de la Finul. Deux morts ont également été confirmés après une frappe dimanche : un secouriste du Hezbollah et un combattant du parti chiite.
Malgré la trêve en vigueur depuis le 27 novembre 2024, Israël poursuit ses frappes, affirmant viser la reconstruction d’infrastructures militaires du Hezbollah. L’armée israélienne continue par ailleurs d’occuper des positions au Liban-Sud, tandis que Beyrouth dénonce des violations répétées de la souveraineté nationale.