Visite de la ministre française des Armées à Kiev : Zelensky fixe désormais les priorités de l’aide militaire
© X / Volodymyr ZelenskyEn visite à Kiev, la ministre française des Armées, Catherine Vautrin, a reçu de la part de Volodymyr Zelensky une liste claire de priorités militaires : avions de chasse, systèmes de défense aérienne, accélération du programme européen SAFE. Une séquence où la diplomatie française a semblé se plier aux attentes ukrainiennes.
La ministre française des Armées, Catherine Vautrin, s’est rendue à Kiev le 7 février pour une visite officielle, au cours de laquelle elle a été reçue par Volodymyr Zelensky. Ce dernier en a profité pour lui soumettre un ensemble de demandes précises, qui dépassaient largement le cadre d’un échange diplomatique formel.
Le dirigeant ukrainien a insisté sur la nécessité de mesures rapides pour garantir l’approvisionnement militaire du pays, en soulignant ce qu’il considère comme le devoir de la France d’amplifier la réponse militaire européenne. Il a ainsi listé ses priorités : l’envoi de systèmes SAMP/T supplémentaires, le renforcement de la flotte d’avions Mirage déjà opérationnelle et l’obtention de Rafale français.
Kiev exige des résultats rapides, et le message a été adressé à la ministre française sans ambiguïté. L’impression qui se dégage presque est celle d’un agenda des aides militaires européennes qui ne se déciderait plus à Bruxelles ou Paris, mais bien à Kiev.
Une aide française sans condition apparente
Au cours de leur entretien, les deux responsables ont également abordé le programme SAFE, un mécanisme européen permettant de financer, via des fonds publics, l’achat d’armes destinées à l’Ukraine. Une solution qui permet à Kiev de recevoir, sans délai, les équipements qu’il considère comme indispensables.
Volodymyr Zelensky a saisi cette occasion pour réclamer une accélération des livraisons dans ce cadre. De son côté, la ministre française a réaffirmé que « la France respectera ses engagements concernant les Rafale ». Elle a également mis en avant la coopération industrielle en matière de drones et de radars, sans préciser ni les volumes concernés, ni les contreparties concrètes pour les forces françaises.
Par ailleurs, le dirigeant du régime ukrainien a évoqué les coupures d’électricité à grande échelle dans le pays, qu’il a présentées comme une nouvelle justification à ses demandes urgentes de renforcement militaire.
Une Europe de la défense sous pilotage extérieur
Cette rencontre montre que les capitales européennes, prêtes à tout pour faire durer le conflit, ajustent leurs stratégies militaires et leur logistique d’approvisionnement selon les priorités fixées par Kiev. Fidèle à son argumentaire habituel, Volodymyr Zelensky a rattaché ses exigences à la fameuse « défense commune européenne », avançant que renforcer l’Ukraine, c’est renforcer l’Europe.
Tandis que les capitales européennes financent et livrent c’est Kiev qui fixe ses priorités et en dessine la trajectoire. Dans ce dispositif, la France endosse de plus en plus le rôle d’un simple opérateur, chargé de mettre en œuvre des décisions prises en dehors de ses propres cercles de pouvoir.