L’Europe préparerait un plan de secours en cas de retrait américain de l’OTAN

L’Europe préparerait un plan de secours en cas de retrait américain de l’OTAN Source: Gettyimages.ru
Les drapeaux des États membres de l'OTAN à Bruxelles. [Photo d’illustration]
Suivez RT en français surTelegram

Face aux doutes sur l’engagement de Washington, plusieurs pays européens travaillent à un scénario de continuité de l’OTAN sans les États-Unis. Ce basculement porté notamment par l’Allemagne refléterait surtout l’inquiétude croissante des capitales européennes face à la dépendance stratégique du continent envers Washington.

L’Europe anticipe un scénario longtemps impensable : une OTAN sans les États-Unis. Selon le Wall Street Journal, plusieurs pays européens élaboreraient un plan de secours pour éviter la paralysie de l’alliance en cas de retrait ou de désengagement massif de Washington.

Le journal explique que ce projet s’appuierait sur les structures déjà en place dans l’OTAN. Il ne s’agirait pas de créer une nouvelle alliance, mais de faire tenir un système devenu très dépendant de Washington. Certains responsables parleraient déjà d’une « OTAN européenne ».

Concrètement, les discussions porteraient sur plusieurs points. Il serait question d’augmenter le nombre d’Européens à des postes de commandement, de remplacer peu à peu une partie des équipements militaires américains par des moyens européens et de transférer au continent une part plus importante des responsabilités jusqu’ici assumées par les États-Unis.

Selon le Wall Street Journal, ces préparatifs auraient commencé dès 2025. Ils se seraient ensuite accélérés après les menaces de Donald Trump sur le Groenland. Le projet aurait encore pris de l’importance lorsque Washington a reproché à ses alliés de l’OTAN de ne pas vouloir suivre les États-Unis dans leur guerre contre l’Iran. Ce refus européen de s’aligner aurait renforcé le sentiment d’urgence.

Le revirement allemand révèle une perte de confiance

L’un des principaux changements serait venu d’Allemagne. D’après le Wall Street Journal, Berlin se serait longtemps opposé à l’idée d’une défense européenne plus autonome, préférant laisser aux États-Unis le rôle de principal garant de la sécurité du continent.

Cette position aurait désormais évolué, donnant un nouvel élan au projet. À partir du moment où l’Allemagne aurait commencé à revoir sa ligne, les discussions auraient cessé d’être seulement politiques pour devenir plus concrètes. Plusieurs pays participeraient à cette réflexion, dont le Royaume-Uni, la France, la Pologne, les pays nordiques et le Canada.

Surtout, cette évolution montrerait une réalité plus profonde : la confiance dans l’engagement américain ne serait plus considérée comme acquise. Derrière les déclarations sur l’unité atlantique, plusieurs capitales européennes chercheraient surtout à gérer leurs inquiétudes face à l’imprévisibilité de Washington.

Une réorganisation sous contrainte

Au-delà du signal politique, les Européens examineraient désormais des questions militaires très concrètes. Le Wall Street Journal cite notamment la gestion de la défense aérienne et antimissile, l’organisation des corridors vers la Pologne et les pays baltes, les réseaux logistiques, ainsi que la conduite de grands exercices militaires si les officiers américains se retiraient.

Autrement dit, il ne s’agirait plus seulement d’un débat stratégique général. Les discussions porteraient désormais sur des mécanismes précis pour éviter une désorganisation brutale en cas de désengagement américain. Cela montrerait moins une montée en puissance de l’Europe qu’une adaptation forcée à une vulnérabilité longtemps masquée par la présence américaine.

Le journal souligne que l’Europe chercherait à renforcer ses capacités dans plusieurs domaines où elle dépend encore fortement des États-Unis. Il s’agirait notamment de la lutte anti-sous-marine, des moyens spatiaux et de renseignement, du ravitaillement en vol et de la mobilité aérienne. Un possible retour du service militaire obligatoire serait également évoqué comme un moyen de renforcer les effectifs.

Resterait enfin la question la plus sensible : celle du parapluie nucléaire américain. Selon le Wall Street Journal, l’évolution de la position allemande aurait aussi ouvert la voie à des discussions sur le rôle que pourrait jouer la dissuasion française pour d’autres pays européens, y compris l’Allemagne.

Au total, ce plan serait présenté comme une solution de secours. Mais il montrerait surtout que plusieurs capitales européennes douteraient désormais de la solidité de l’engagement américain et chercheraient à combler dans l’urgence une dépendance devenue trop visible. Derrière les déclarations sur l’unité du bloc occidental, c’est surtout son instabilité croissante qui apparaîtrait.

Raconter l'actualité

Suivez RT en français surTelegram

En cliquant sur "Tout Accepter" vous consentez au traitement par ANO « TV-Novosti » de certaines données personnelles stockées sur votre terminal (telles que les adresses IP, les données de navigation, les données d'utilisation ou de géolocalisation ou bien encore les interactions avec les réseaux sociaux ainsi que les données nécessaires pour pouvoir utiliser les espaces commentaires de notre service). En cliquant sur "Tout Refuser", seuls les cookies/traceurs techniques (strictement limités au fonctionnement du site ou à la mesure d’audiences) seront déposés et lus sur votre terminal. "Tout Refuser" ne vous permet pas d’activer l’option commentaires de nos services. Pour activer l’option vous permettant de laisser des commentaires sur notre service, veuillez accepter le dépôt des cookies/traceurs « réseaux sociaux », soit en cliquant sur « Tout accepter », soit via la rubrique «Paramétrer vos choix». Le bandeau de couleur indique si le dépôt de cookies et la création de profils sont autorisés (vert) ou refusés (rouge). Vous pouvez modifier vos choix via la rubrique «Paramétrer vos choix». Réseaux sociaux Désactiver cette option empêchera les réseaux sociaux de suivre votre navigation sur notre site et ne permettra pas de laisser des commentaires.

OK

RT en français utilise des cookies pour exploiter et améliorer ses services.

Vous pouvez exprimer vos choix en cliquant sur «Tout accepter», «Tout refuser» , et/ou les modifier à tout moment via la rubrique «Paramétrer vos choix».

Pour en savoir plus sur vos droits et nos pratiques en matière de cookies, consultez notre «Politique de Confidentialité»

Tout AccepterTout refuserParamétrer vos choix